Qu’est-ce que la philosophie ? L’étymologie du mot.

Aujourd’hui je vais essayer d’expliquer ce qu’est la philosophie en partant de son étymologie. Le mot philosophie vient du mot grec philosophia qui est lui-même composé d’un verbe et d’un nom. Il y a, d’une part, le verbe philein qui veut dire aimer, rechercher et le nom sophia qui signifie la sagesse.

La philosophie est donc littéralement le fait d’aimer la sagesse ou encore l’amour de la sagesse. Le philosophe est donc celui qui aime et donc cherche à atteindre la sagesse. Il est important de remarquer qu’à ce titre le philosophe ne se prétend pas déjà sage, il cherche à être sage.

On attribue d’ailleurs à Socrate cette phrase célèbre : « ce que je sais c’est que je ne sais rien ». Affirmation qui peut sembler étonnante, mais qui est particulièrement représentative de l’attitude du philosophe qui, pour Socrate, doit d’abord douter de ses opinions et être conscient qu’il ne peut tout savoir pour pouvoir ensuite chercher à savoir.

En d’autres termes, on ne peut commencer à chercher le savoir que si l’on a conscience qu’on ne sait pas déjà tout. C’est pourquoi le philosophe est l’ennemi des préjugés et des dogmes. Il va avoir constamment tendance à remettre en question ce qui semble évident au plus grand nombre pour vérifier qu’une idée ou un jugement est réellement justifié. Cette attitude doit permettre au philosophe de ne pas être aveuglé par des illusions ou des préjugés.

La méthode philosophique de Socrate

Socrate, que l’on considère souvent comme le premier des philosophes, adopte alors une méthode pour pousser ses interlocuteurs à douter de ce qui leur semble évident. Comme nous l’avons vu avec son l’étymologie, la philosophie est l’amour ou la recherche de la sagesse. Or, pour commencer à chercher la sagesse, il faut avoir conscience qu’on ne sait pas tout et douter souvent de ses propres jugements ou idées.

C’est pourquoi Socrate pose des questions aux gens dans le but de les faire peu à peu douter de ce qui leur semblent évident. Les philosophes appellent ces idées qui semblent évidentes des opinions. Ces opinions sont pour les philosophes des idées souvent irréfléchies que nous acceptons sans les remettre en question.

Socrate est un professeur, il souhaite que la plupart des gens se libère des préjugés et se mette à chercher la sagesse. C’est pourquoi, il pratique la maïeutique avec les Athéniens. A l’origine la maïeutique est l’art d’accoucher les bébés. Socrate reprend ce terme mais pour signifier qu’il accouche les âmes. Qu’entend-il par là ?

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Socrate pose des questions à un interlocuteur et une fois que celui-ci lui donne une réponse (il a donc accouché de son idée). Socrate va examiner cette idée pour voir s’il ne s’agit pas d’une simple opinion. En d’autres termes, il s’assure qu’elle « tient » bien, qu’elle est réfléchie et justifiée. Ainsi, il agit comme la sage femme qui dans l’Antiquité vérifie que le bébé est viable, mais avec les idées. Et si l’idée ne tient pas, s’il s’avère qu’il s’agit plutôt d’un préjugé, il va tout faire pour montrer à son interlocuteur que son idée n’est pas réfléchie et n’est pas justifiée par de réels arguments.

Bertrand Russell, philosophe du XXe siècle, donne également une définition de la philosophie qui est tout à fait en accord avec son étymologie. Pour lui, celui qui ne fait pas de philosophie est un prisonnier. Il le dit dans le texte ci-dessous.

Texte de Bertrand Russell

« En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. Celui qui ne s’y est pas frotté traverse l’existence comme un prisonnier : prisonnier des préjugés du sens commun, des croyances de son pays ou de son temps, de convictions qui ont grandi en lui sans la coopération ni le consentement de la raison. Tout dans le monde lui paraît aller de soi, tant les choses sont pour lui comme ceci et pas autrement, tant son horizon est limité; les objets ordinaires ne le questionnent pas, les possibilités peu familières sont refusées avec mépris. Mais nous l’avons vu dès le début de ce livre : à peine commençons-nous à philosopher que même lés choses de tous les jours nous mettent sur la piste de problèmes qui restent finalement sans réponse. Sans doute la philosophie ne nous apprend-elle pas de façon certaine la vraie solution aux doutes qu’elle fait surgir : mais elle suggère des possibilités nouvelles, elle élargit le champ de la pensée en la libérant de la tyrannie de l’habitude. Elle amoindrit notre impression de savoir ce que sont les choses; mais elle augmente notre connaissance de ce qu’elles pourraient être; elle détruit le dogmatisme arrogant de ceux qui n’ont jamais traversé le doute libérateur, et elle maintient vivante notre faculté d’émerveillement en nous montrant les choses familières sous un jour inattendu. »

Bertrand Russell, Problèmes de philosophie

Si vous voulez en savoir davantage sur ce qu’est la philosophie au delà de son étymologie, je vous conseille de lire également cet article.

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