Exemple d’explication de texte en philosophie

Je vous montre ici un exemple d'explication de texte en philosophie. Vous trouverez dans l'ordre le texte à expliquer puis l'introduction et le début de l'explication linéaire.

Je vous montre ici un exemple d’explication de texte en philosophie. Vous trouverez dans l’ordre le texte à expliquer puis l’introduction et le début de l’explication linéaire. Je vous précise à chaque fois entre parenthèses à quel élément de la méthode de l’explication de texte ce passage correspond. Si vous ne l’avez pas fait, je vous conseille de lire les articles qui traitent de la méthode de l’explication de texte, vous pouvez les trouver sur cette page. Si vous préférez voir la méthode en vidéo c’est ici.

Texte de Pascal :

« Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours ; ou nous rappelons le passé, pour l’arrêter comme trop prompt : si imprudents que nous errons dans les temps qui ne sont pas nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient : et si vains que nous songeons à ceux qui ne sont rien, et échappons sans réflexion le seul qui subsiste. C’est que le présent, d’ordinaire, nous, blesse. Nous le cachons à notre vue parce qu’il nous afflige et s’il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l’avenir, et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance, pour un temps où nous n’avons aucune assurance d’arriver. Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent ; et, si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. » 

Pascal, Pensées, Brunschvicg 172 / Lafuma 47.

Introduction de l’explication de texte

Dans ce texte de Pascal, extrait des Pensées, il est question du bonheur et de notre rapport au temps (Thème). L’auteur s’est demandé si notre tendance à nous tourner constamment vers le passé ou vers le futur n’était pas un obstacle au bonheur. Dans ce texte, Pascal montre que nous avons tendance à toujours nous tourner vers le futur (pour espérer) et vers le passé (pour regretter ce que nous avons fait ou ce que nous avons perdu) si bien que nous ne vivons jamais au présent, ce qui nous rend finalement malheureux. Ainsi du début du texte à la ligne 4, l’auteur énonce la première partie de sa thèse selon laquelle nous ne vivons pas au présent. Puis de « C’est que le présent » à « aucune assurance d’arriver », il formule un premier argument en faveur de sa thèse. Enfin de « Que chacun examine ses pensées » à la fin du texte, il formule un second argument puis énonce l’enjeu. Notre rapport au temps, nous rend malheureux.

Développement de l’explication de texte :

Dans ce texte, Pascal commence par énoncer la première partie de sa thèse, (étape du raisonnement), il nous dit “nous ne tenons jamais au temps présent” c’est-à-dire que l’homme ne vit pas le moment présent mais regarde le futur ou le passé (bonne paraphrase). Ici par temps, on peut entendre le temps objectif c’est-à-dire la durée qui est mesurée par l’horloge ou la montre de la même manière pour tous (définition). Le temps présent est le temps où nous sommes en train de vivre, car c’est en réalité le seul qui existe objectivement (définition). En effet, le passé n’existe plus et le futur n’existe pas encore si ce n’est dans notre esprit (définition). Ainsi, on peut observer que nombre de voyageurs passent beaucoup de temps à prendre des photos de leurs voyages au lieu de profiter des paysages directement. Ils semblent plus préoccupés par le fait de garder des souvenirs du passé plutôt que de vivre pleinement au présent (Exemple). Ensuite l’auteur remarque que nous considérons le futur avec espoir et nous voulons qu’il arrive plus vite. Il semble dire implicitement que nous ne sommes pas satisfaits du présent et que donc nous voulons que le futur arrive. Il remarque qu’ils veulent hâter le futur or il est impossible de faire venir le futur plus vite objectivement (justification). Et si l’on considère le temps subjectif c’est-à-dire le temps vécu et que nous percevons singulièrement, alors regarder le futur ne le fait pas passer plus vite, au contraire il faudrait s’amuser au présent et y vivre pleinement pour que le futur arrive plus vite (justification). De même, selon lui, nous avons tendance à vouloir retenir le passé car nous regrettons qu’il disparaisse, peut-être pensons que nous étions mieux dans le passé (Bonne paraphrase). Les nostalgiques ont ainsi ce regret du passé et ils ne sont pas très heureux au présent. Ainsi, dans Midnight in Paris de Woody Allen, le personnage principal déménage à Paris et il n’est pas heureux dans le présent car il considère le 19e siècle à Paris comme l’âge d’or de la culture humaine. Un événement fantastique a lieu et il se trouve conduit dans le passé et à cette époque il rencontre une femme qui, elle, est nostalgique de la Belle époque. Elle ne se trouve alors pas bien dans l’époque où elle est et qu’admire tant le personnage principal. (Exemple)

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On voit donc que souvent les hommes ont tendance à ne pas se satisfaire de leur époque même si elle est de valeur et à vouloir le passé sans vivre dans le moment présent. L’auteur a donc montré que nous ne vivons pas bien au présent et espérons le futur ou regrettons le passé (étape du raisonnement).  Il remarque que de ce fait “nous errons dans des temps qui ne sont pas nôtres”. Il qualifie cela d’imprudent. Il veut dire par là que le présent est tout ce que l’on possède, c’est le seul temps dont nous pouvons disposer car le passé n’existe plus et le futur n’est pas encore (bonne paraphrase). Nous pourrions néanmoins dire qu’il est possible de faire nôtre le futur en essayant de l’influencer de manière indirecte en agissant sur le présent (Objection). Néanmoins, cette thèse semble avoir des limites car les personnes qui cherchent à contrôler le futur y arrivent rarement car le futur a de nombreuses causes autre que nous, nous ne pouvons pas être certain qu’un ou des événements imprévus ne vont pas venir déjouer nos plans. L’auteur a donc raison de nous dire imprudents car délaisser le présent est la meilleure manière d’être malheureux dans le présent et dans le futur.(Justification) Il nous dit ensuite que nous oublions le temps que nous pouvons contrôler mais pensons seulement à ceux qui n’existent pas. De ce fait, nous n’agissons pas sur le seul temps sur lequel nous avons une influence car nous ne pouvons influer que sur ce qui existe. (Bonne paraphrase) C’est une attitude irréfléchie car cela peut nous conduire à ne rien faire au présent si bien que nous n’obtiendrons rien dans le futur malgré nos espoirs.(Justification) Ainsi dans cette partie l’auteur a énoncé sa thèse et a montré que vivre dans le futur ou le passé était imprudents. Il va ensuite donner un argument pour soutenir sa thèse et montrer pourquoi nous avons tendance à fuir le présent. (étape du raisonnement)

A présent l’auteur va développer un argument pour justifier sa thèse principale (étape du raisonnement). Il dit “c’est que le présent d’ordinaire nous blesse”. En effet, selon lui, il est plus facile de s’imaginer un futur satisfaisant que de vivre le présent tel qu’il est, car l’imagination embellit souvent les choses rendant le présent plus difficile à vivre et terne (justification). L’imagination est cette faculté intellectuelle qui fabrique des images mentales à partir de nos expériences sensibles et grâce à laquelle nous pouvons souvent embellir le réel (définition). Nous avons tendance à ne pas vouloir voir notre présent car il nous fait souffrir ou nous déçoit donc nous préférons concentrer notre attention sur le futur qui pourrait être meilleur. Donc nous pourrions dire que penser au futur est une forme de distraction au sens où on cherche à ne pas penser au présent. (justification) Mais et si le présent est un présent heureux ? Car tous les moments présents ne peuvent pas être tous malheureux ? (Objection) Et bien là encore selon Pascal, les hommes gâchent leur bonheur présent car ils ont tendance à craindre de ne pas pouvoir reproduire leur bonheur dans le futur alors paradoxalement alors qu’ils sont heureux ils continuent de regarder le futur au lieu de se concentrer sur le présent. (justification)

J’espère que cet exemple d’explication de texte en philosophie, vous aura aidé à mieux comprendre ce que l’on attend de vous.

Comment bien commencer son explication de texte en philosophie

Il y a deux types d’exercices qui vous sont proposés au bac : la dissertation et l’explication de texte en philosophie. Le jour du bac cela prend cette forme là, vous avez le choix entre deux sujets de dissertation et un texte à expliquer.

Que faire pour bien expliquer un texte de philosophie ? Il est d’abord nécessaire de le lire plusieurs fois  en essayant de repérer des éléments important  – c’est normal si vous ne comprenez pas tout au début, cela va s’éclairer en allant. Lors vos premières lectures vous devez chercher le thème du texte, c’est-à-dire que vous devez chercher de quoi parle ce texte en général.

Très souvent le thème du texte correspond à une des 17 notions du programme de philosophie. Vous pouvez ainsi avoir un texte dont le thème est « la liberté ». Il peut arriver néanmoins que cela ne corresponde pas exactement à une grande notion du programme, mais plutôt à un sous-thème, par exemple, « la différence entre l’homme et l’animal » dont il peut être question dans le cours sur la nature.

Si l’on prend le début de ce texte de Schopenhauer,  » Que notre vie était heureuse, c’est ce dont nous ne nous apercevons qu’au moment où ces jours heureux ont fait place à des jours malheureux. ». Il semble très vite qu’il va être question du bonheur, en effet la notion de bonheur apparaît plusieurs fois, dans le début du texte ici ici et ici. Il est néanmoins toujours important de bien lire tous le texte pour déterminer le thème, car parfois les premières lignes ne permettent pas d’identifier le thème avec certitude.

Une fois que vous avez trouvé ce dont par le texte en générale donc le thème. Il faut  chercher la thèse du texte c’est-à-dire ce que défend l’auteur dans le texte à propos du thème que vous avez identifié. Par exemple, si le thème est « la différence entre l’homme et l’animal », la thèse du texte pourrait être « l’homme est un être doué de raison et de langage contrairement à l’animal ».

Attention, Il est absolument essentiel de trouver la thèse du texte et je vous déconseille de prendre l’explication de texte au bac si au bout de quelques lectures vous n’avez pas trouvé la thèse du texte car vous risquez alors de faire de nombreux contresens.

Un autre problème que rencontrent souvent les étudiants pour trouver la thèse vient du fait que souvent l’auteur affirme plusieurs choses dans un même texte. Il y a plusieurs idées. alors comment savoir laquelle de ces idées est la thèse ? En effet très souvent, il y a dans le texte, la thèse centrale que défend l’auteur et des arguments qui viennent justifier et soutenir cette thèse. Une erreur peut alors consister à prendre un argument ou une idée secondaire pour la thèse du texte, ce qui va vous faire manquer une partie du texte et sa cohérence globale.

Je m’explique, par exemple on peut imaginer un texte où la thèse de l’auteur est qu’il est moralement mal de faire souffrir les animaux. Dans ce texte l’auteur pourrait également défendre que les animaux sont des êtres sensibles, qui peuvent souffrir. Mais là il faut voir que l’idée que les animaux sont sensibles est un argument pour justifier qu’il est mal de les faire souffrir. C’est un argument qui justifie la thèse.

Comment peut on le savoir ? et bien il est impossible de faire l’inverse. L’idée qu’il est mal de faire souffrir les animaux n’est pas une idée qui justifie qu’ils sont des êtres sensibles. Cela n’a pas de sens. ça n’est pas parce qu’il est mal de les faire souffrir qu’ils sont sensibles, mais plutôt l’inverse c’est parce qu’ils sont sensibles que l’on peut défendre qu’il est mal de les faire souffrir.

L’explication de texte en philosophie c’est du gâteau !

Il faut donc avoir en tête qu’il y a une hiérarchie à trouver dans un texte de philosophie. J’aime bien dire que l’on peut voir un texte de philosophie comme une pyramide ou encore si la métaphore pâtissière vous plaît davantage comme un gros gâteau à étages.

La thèse c’est à dire l’idée principale qui est défendue est au sommet de la pyramide car c’est cette idée que l’auteur va chercher à justifier. Pour cela il va devoir donner des arguments et des exemples pour soutenir son idée. Ainsi dans un texte de philosophie vous allez trouver en premier lieu une thèse, soutenue par un ou des arguments, parfois des exemples et également des concepts ou notions qu’il faudra expliciter.

Néanmoins pour le moment nous en sommes au début du travail au brouillon. Vous avez donc trouvé le thème et la thèse du texte. Il faut à présent trouver le problème auquel l’auteur répond dans ce texte ou si vous voulez la question qu’il s’est posé avant d’écrire son texte et à laquelle il répond avec le texte. Donc le plus souvent le problème n’est pas formulé dans le texte et il va falloir le trouver. Comment faire ?

Une bonne manière de trouver le problème du texte peut consister à prendre la thèse du texte et à chercher la thèse adverse. Par exemple, si la thèse du texte est : « l’homme est un être à part dans la nature » la thèse adverse peut être : « l’homme n’est pas à part dans la nature, c’est un animal comme un autre». Une fois que vous avez identifié thèse et antithèse vous pouvez formuler le problème sous forme d’alternative. Par exemple : « l’auteur s’est demandé si les hommes étaient à part dans la nature ou bien si l’humain n’était pas plutôt un animal comme un autre ? ».

Enfin, pour finir le travail au brouillon, il faut trouver ce qu’on appelle le plan du texte. Vous devez faire une explication linéaire c’est-à-dire expliquer le texte dans l’ordre un phrase après l’autre. Il faut découper le texte en 2 à 4 parties pas plus.

Comment bien découper le texte ?

Votre découpage doit être logique et correspondre à des étapes de l’argumentation de l’auteur. Vous devez pouvoir dire dans cette première partie des lignes tant à tant l’auteur énonce sa thèse ou bien développe un argument ou bien propose un exemple, ou bien formule une objection et y répond etc. Dans un texte vous allez toujours trouver une thèse et au moins un argument, parfois il y aura plutôt deux ou trois arguments, parfois un exemple ou deux. Parfois l’auteur formulera une objection, parfois il fera une conclusion Il faut ensuite vous adapter à ce que vous trouvez dans le texte.

Une fois que vous avez trouvé le thème, la thèse, les différentes parties du texte et formulé le problème auquel répond le texte, il ne vous reste plus qu’à rédiger votre introduction.

Vous pouvez regarder cette article, pour voir un exemple d’explication de texte en philosophie.

Voilà pour cette première vidéo sur la méthode de l’explication de texte en philosophie, j’espère qu’elle vous aidera à bien commencer votre explication.

Exemples d'introduction philosophique

Exemples d’introduction de dissertation en philosophie

Afin que vous compreniez mieux comment réaliser une bonne introduction de dissertation, je vous montre ici plusieurs exemples d’introduction de dissertation en philosophie sur des sujets différents, vous pouvez voir la méthode en VIDEO ici. Pour davantage d’information sur la méthode à suivre vous pouvez regarder cet article sur la manière de réussir son accroche, et ces deux autres articles sur la problématique et la méthode de l’introduction de manière plus générale.

Je vous rappelle que votre introduction de dissertation en philosophie doit comporter une accroche, un rappel du sujet, une problématique comprenant une définition des termes du sujet et une annonce de plan.

Pour plus de clarté, je précise à chaque fois entre parenthèses à quel élément de la méthode les différents passages de l’introduction correspondent. Par ailleurs, vous trouverez dans le sujet 1, un exemple d’accroche utilisant un exemple, et dans les sujets 2 et 3, des exemples d’accroches utilisant plutôt des citations.

Sujet 1 : Introduction philosophique : Avons-nous le devoir de faire le bonheur des autres ?

Dans le film « Into the Wild », le héro Christopher, s’enfuit pour partir vivre seule dans la nature. Il essaie, ainsi, d’échapper à l’influence de ses parents qui veulent pourtant son bonheur. Christopher rejette le mode de vie de ses parents, et pense, au contraire, être heureux en se détachant des choses matériels et en s’éloignant de la société. Ce faisant, on peut en déduire qu’il est souvent difficile de savoir ce qui rendra heureux un individu. Or, si nous ne savons pas réellement ce qui les rendra heureux, comment pourrait-on avoir le devoir de faire le bonheur des autres ? Et pourtant n’avons nous pas l’obligation, de leur donner au moins le minimum pour être heureux ? (Accroche qui montre le problème c’est-à-dire que la réponse au sujet n’est pas évidente). Avons-nous alors le devoir de faire le bonheur des autres ? (Rappel du sujet). A première vue, nous pourrions penser que nous avons effectivement le devoir de faire le bonheur des autres, car ce serait une obligation morale d’agir de manière à aider les autres à atteindre un état de satisfaction durable et global. En effet, rendre les autres heureux semble être une bonne chose et quelque chose que l’on peut rationnellement souhaiter. (Première réponse au sujet) Mais, n’est-ce alors pas vouloir imposer aux autres une certaine manière d’être heureux ? En prétendant faire le bonheur des autres, ne risque-t-on pas, au contraire, de faire son malheur ? Dans ce sens, dire que nous avons l’obligation de rendre les autres heureux pourrait être difficile à défendre car comment avoir le devoir de rendre les autres heureux si nous ne pouvons savoir ce qui les rendra effectivement tel ? (Deuxième réponse qui montre que la réponse au sujet n’est pas évidente). Dans un premier temps, nous verrons

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Sujet 2 : Prendre son temps, est-ce le perdre ?

« Nous n’avons pas reçu une vie brève, nous l’avons faite telle ». Sénèque dans De la Brièveté de la vie, remarque ainsi que les hommes qui se plaignent d’avoir une vie courte sont, en réalité, responsables de cela, car ce sont eux qui en perdant leur temps la rendent courte. Pourtant, si les hommes perdent leur temps selon lui, ça n’est pas parce qu’ils prendraient trop leur temps, mais parce qu’ils ne réfléchissent pas à la meilleur manière d’user de ce temps. Ils peuvent très bien s’agiter sans cesse et être fort occupés tout en perdant leur temps car ils ne l’utilisent à rien de significatif. (Accroche) Alors, prendre son temps, est-ce le perdre ? (Rappel du sujet) A première vue, si par prendre son temps, on entend faire les choses avec lenteur, alors prendre son temps, cela pourrait signifier le perdre car c’est oublier alors que nous sommes des êtres mortels et que notre temps est limité. Le temps est une chose trop précieuse pour que l’on n’y fasse pas attention. Celui qui est lent perd alors son temps. (Première réponse un peu naïve qui repose sur une première définition de prendre son temps – première partie de la problématique) Mais, ne pourrait-on, au contraire, défendre l’idée que prendre son temps c’est au contraire bien en user ? Est-ce nécessairement parce que l’on agit vite et que l’on fait beaucoup de choses dans sa journée que l’on utilise bien son temps ? Nous pourrions, au contraire, remarquer que si nous occupons nos journées à des actions sans réel but alors nous perdons tout autant notre temps. Prendre son temps cela pourrait donc être, prendre possession de son temps en sachant précisément à quoi on l’utilise et pourquoi. (Deuxième réponse qui repose sur une deuxième signification possible de « prendre son temps » et montre que la réponse au sujet n’est pas évidentedeuxième partie de la problématique). Dans un premier temps, nous verrons que prendre son temps cela peut signifier le perdre, si nous sommes inconscients du caractère précieux du temps. Puis nous nous demanderons dans quelle mesure néanmoins prendre son temps et l’utiliser de manière réfléchie, ça n’est pas, au contraire, bien user de son temps. Enfin, nous envisagerons que quelque soit notre façon de vivre, il est inéluctable de perdre son temps dans la mesure où le temps est quelque chose qui nous échappe fondamentalement. (Annonce du plan)

Sujet 3 : Faut-il craindre la mort ?

« Il faut donc être sot pour dire avoir peur de la mort, non pas parce qu’elle serait un événement pénible, mais parce qu’on tremble en l’attendant. » Selon Epicure dans la Lettre à Ménécée, il n’est pas raisonnable de craindre la mort, car il définit la mort comme « absence de sensation ». De ce fait, la mort ne nous fait pas souffrir puisqu’elle est absence de sensation, en revanche si nous craignons la mort de notre vivant, alors nous souffrons par avance inutilement. Nous pourrions pourtant remarquer que si la mort ne fait pas souffrir, le fait de mourir peut être douloureux. (Accroche qui montre que le sujet pose un problème) Faut-il alors craindre la mort ? (Rappel du sujet) A première vue, craindre la mort pourrait être utile pour nous car la crainte de la mort peut nous pousser à être plus prudent. Il faudrait alors craindre un minimum la mort pour espérer rester en vie. (Première réponse un peu naïve au sujet). Mais, ne pourrait-on dire, au contraire, qu’il ne faut pas craindre la mort ? En effet, il semble que cela n’a pas réellement de sens et d’utilité de craindre quelque chose qui arrivera de toute façon et de se gâcher la vie à l’anticiper. (Deuxième réponse qui montre que la réponse n’est pas évidente et pose donc un problème) Nous allons donc nous demander s’il faut craindre la mort. Dans un premier temps nous verrons qu’il ne faut pas craindre la mort car elle n’est pas un malheur. Puis, nous verrons qu’il y a néanmoins des avantages à craindre la mort. Enfin, nous nous demanderons si craindre la mort n’est pas un non sens car cela nous empêche de bien vivre. (Annonce du plan)

J’espère que ces différents exemples d’introduction de dissertation en philosophie, vous auront aidé à comprendre ce que doit être une introduction de dissertation en philosophie.

les exemples en philosophie

Bien utiliser les exemples en philosophie

On dit parfois du philosophe qu’il est un peu « perché » ou dans la lune. Il apparaît souvent comme cet intellectuel qui réfléchit trop et n’est pas en phase avec la vie quotidienne. Et pourtant, la philosophie traite le plus souvent de questions importantes pour chacun et c’est une erreur de penser qu’elle ne porte pas sur la vie bien au contraire. La philosophie nous permet de réfléchir sur des choses concrètes et des situations que nous rencontrons effectivement dans notre vie. Il est cependant nécessaire de mettre en évidence ce lien avec la vie en ne restant pas au niveau des arguments généraux mais en explicitant ce que l’on veut dire concrètement en prenant des exemples en philosophie. Ce passage par l’exemple est souvent nécessaire à la fois pour celui qui réfléchit qui est ainsi assuré de rester en prise avec le réel, mais également pour le lecteur qui peut ainsi mieux comprendre à quels cas particuliers l’argument général peut correspondre.

Usages de l’exemple

L’exemple peut être placé en tout début de dissertation, on parle alors d’une accroche. Pour plus de précision sur ce point, je vous renvoie à cet article sur l’accroche dans la dissertation de philosophie. Ensuite les exemples en philosophie sont bienvenus dans le développement pour illustrer des arguments généraux. Néanmoins attention, il ne faut pas que les exemples remplacent les arguments.

Bien distinguer argument et exemple

D’abord un petit rappel, car c’est un point très important et une erreur que font beaucoup d’étudiants. Argumenter consiste à justifier une thèse en utilisant des propositions générales. Pour plus de précision sur les différentes façons d’argumenter vous pouvez vous référer à cet article. Cela signifie que par exemple sur vous voulez justifier la thèse selon laquelle il ne nous est pas possible d’échapper au temps, alors vous pouvez argumenter en rappelant le caractère mortel des êtres humains qui sont nécessairement inscrits dans le temps et vieillissent. Si vous faites cela vous donnez un argument général. En revanche, si vous justifiez la thèse en disant que tel individu particulier vieillit et se rend alors compte qu’il ne peut échapper au temps, c’est un exemple et pas un argument.

Qu’est-ce qu’un bon exemple ?

Enfin, il est important de noter qu’il n’est pas intéressant de multiplier les exemples. Mieux vaut illustrer un argument avec un exemple bien choisi et bien exploité que d’énoncer rapidement et sans développer plusieurs exemples. Il faut absolument développer l’exemple et préciser très clairement en quoi il illustre l’argument et en quoi il permet de répondre au sujet. Il faut également qu’il illustre effectivement et le plus précisément possible l’idée que vous défendez. Par ailleurs, il est possible de prendre pour exemples des situations de la vie quotidienne, néanmoins des exemples qui témoignent de votre culture générale seront évidemment plus valorisés. N’hésitez pas à prendre des exemples littéraire sur les sujet qui traitent de la morale, de la liberté, du bonheur. Il est également intéressant de pouvoir mobiliser des exemples scientifiques ou artistiques si vous avez un sujet qui traite de la vérité ou de l’art.