Le temps – Philosophie – Terminale

Dans cet article, je vais vous présenter la notion de temps en philosophie qui est une des 17 notions du programme de terminale.

Je vais d’abord faire un point sur la définition ou les définitions possibles du temps en philosophie. Puis, je vais passer en revue plusieurs grands problèmes classiques sur le temps en mentionnant quelques auteurs intéressants à connaître sur cette notion.

Une notion difficile à définir

Le temps est une de ces notions en philosophie qui pose problème dès la définition car il est difficile de dire ce qu’est le temps.

Comme le dit Saint Augustin : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me demande ce qu’est le temps, je sais ce qu’il est ; et si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus ».

On peut néanmoins commencer par cette définition imparfaite : le temps est la dimension dans laquelle se produit le changement. Si la petite pouce dans le jardin est devenue une belle fleur c’est que du temps s’est écoulé.

Quand nous parlons du temps nous pensons souvent au temps de la montre, le temps s’écoule uniformément minute après minute, seconde après seconde. Cette vision du temps correspond à ce que l’on appelle en philosophie le temps objectif. Le temps objectif : c’est le temps qui nous permet de mesurer le changement avec nos montres (heures, minutes, secondes). Il est uniforme, il s’écoule à la même vitesse pour tout le monde.

Néanmoins cette façon de voir le temps ne rend pas compte de la façon singulière dont nous vivons le temps. Ce que l’on va appeler le temps subjectif : c’est le temps vécu, c’est-à-dire la manière toujours singulière dont nous ressentons l’écoulement du temps. Ce temps contrairement au temps objectif est hétérogène. Une heure de temps objectif peut passer très lentement pour moi si je m’ennuie ou passer en un rien de temps si je fais quelque chose qui me plaît.

Voilà pour les définitions, j’en profite pour vous rappeler que si vous voulez apprendre à faire une dissertation ou une explication de texte, vous pouvez télécharger tous mes conseils de méthodes via le lien juste en dessous de cette vidéo. Vous retrouverez notamment dans cet ebook toutes les définitions à bien connaître pour analyser finement un sujet de dissertation.

A présent voici quelques grands problèmes philosophiques sur le temps :

– Premier sujet : Peut-on échapper au temps ?

A première vue, il semble évident que non car nous sommes des êtres temporels, notre existence est inscrite dans le temps, nous naissons et nous mourrons. Il semble donc difficile de pouvoir échapper au temps en ce sens. Mais échapper au temps est-ce que cela ne peut pas vouloir dire également ne pas le sentir passer, ne pas avoir conscience du temps qui passe ?  Comme dans ces moments qui semble hors temps et où on ne voit pas le temps passer.

C’est en ce sens que Pascal peut dire que nous nous divertissons, c’est-à-dire que nous détournons notre attention du temps qui passe et de notre existence mortelle en nous occupant. Pour Pascal, ce divertissement peut prendre la forme de jeu, d’activités plaisantes, mais également de travail. Il suffit que cela soit une activité qui nous permette de ne pas rester seuls avec nos pensées. Alors, on peut échapper au temps.

Mais est-ce raisonnable d’échapper ainsi au temps ? Pour Pascal, il n’est pas raisonnable d’agir ainsi car cela nous fait en réalité perdre notre temps dans des activités futiles et qui n’ont pas grand sens.

– Deuxième sujet : Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ?

A cette question, Nietzsche répondrait sans doute qu’il est effectivement nécessaire d’oublier le passé pour aller de l’avant car, à ses yeux, notre capacité à oublier le passé n’est pas une mauvaise chose, mais une fonction vitale.

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Si nous n’oubliions rien, nous ressasserions davantage le passé. L’oubli est parfois nécessaire pour digérer de vieilles souffrances par exemple. A ses yeux, cette capacité d’oublier nous permet d’agir au présent et donc d’influer sur ce que sera notre avenir. L’expression se donner un avenir pourrait ainsi signifier avoir un avenir meilleur.

Au contraire, pour Sartre, l’oubli n’est pas une nécessité pour améliorer notre avenir car, en réalité, notre passé ne nous détermine pas. C’est plutôt nous qui réinterprétons notre passé en fonction de ce que nous faisons au présent. Le passé n’est donc pas réellement ce qui pèse sur nous. S’il y a quelque chose qui nous empêche d’évoluer c’est plutôt nos décisions ou pensées présentes. Sartre dit ainsi : « Qui décidera si le séjour en prison que j’ai fait, après un vol, a été fructueux ou déplorable ? Moi, selon que je renonce à voler ou que je m’endurcis ».

En d’autres termes, le passé ne décide pas de notre avenir, c’est plutôt nos décisions présentes qui donne un sens ou un autre à notre passé.

–  Troisième sujet : Prendre son temps, est-ce le perdre ?

Ici encore c’est un sujet qui contient des expressions. Il faudrait se demander ce que peut signifier prendre son temps et perdre son temps.

Si l’on envisage la thèse de Machiavel, alors on pourrait dire qu’effectivement prendre son temps c’est parfois le perdre car si par prendre son temps, on veut dire agir avec une certaine lenteur alors cette lenteur peut nous faire rater une occasion ou une action. Si l’occasion est manquée, si l’action n’est pas réussie faute de vitesse alors on peut dire que nous avons perdu notre temps pour Machiavel car nous n’avons pas obtenu le résultat attendu. Alors prendre son temps signifie parfois le perdre.

Mais nous pourrions opposer à cela la thèse d’Hartmut Rosa, philosophe et sociologue allemand né en 1965, qui montre combien l’impératif d’aller vite et d’être productif que nous subissons dans nos sociétés a tendance à nous faire perdre de vue l’essentiel. Selon lui, nous avons une approche quantitative du temps, il faut faire beaucoup en peu de temps, mais nous perdons alors en qualité de temps vécu. C’est le contraire d’une bonne vie. Cela ne nous laisse plus le temps, de vivre réellement un deuil ou d’avoir des relations sociales de qualités avec les vivants.

– Quatrième sujet : Est-il possible de vivre au présent ?

Pascal remarque sur cette question combien, il est difficile pour l’homme de vivre au présent et combien il a plutôt tendance à se tourner vers le passé ou vers le futur. « Nous vivons dans des temps qui ne sont pas les nôtres » dit Pascal. Nous regrettons le passé et nous anticipons l’avenir mais nous ne vivons pas au présent et cela nous rend malheureux.

C’est pourquoi Marc Aurèle, en bon stoïcien, rappelle que pour être heureux et libre, nous devons agir sur ce qui dépend de nous. Or, parmi ce qui dépend de nous, il y a nos pensées et le moment présent. Le passé et le futur échappent à notre contrôle, ce que nous devons faire c’est nous concentrer sur le présent.

Il dit ainsi dans Pensées pour moi-même : « Ne te soucie de vivre que l’instant où tu vis, c’est-à-dire l’instant présent, et tu pourras passer tout le temps qui te reste jusqu’à la mort noblement, dans la paix morale, en souriant à ton génie« 

Voilà pour cette vidéo, j’espère qu’elle vous permettra de mieux cerner les grandes questions que vous allez rencontrées sur la notion de temps en philosophie.

Si vous voulez davantage de contenu sur le programme de philosophie, vous pouvez consulter cette page ou consulter ma chaîne Youtube.

Très bonne journée à vous

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