développement dissertation philosophie

Comment réussir le développement de la dissertation de philosophie

Aujourd’hui, je vous explique comment réussir le développement de la dissertation de philosophie.

Admettons que vous ayez à traiter le sujet : Sommes-nous réellement libres ?

Vous avez fait un plan en trois parties et vous commencez votre deuxième partie où vous voulez défendre que nous ne sommes pas réellement libres. Vous devez donc développer votre 1er sous-partie. (Sachant qu’il doit y en avoir au moins 2 par grande partie).

Bien comment le développement de la dissertation de philosophie.

Vous devez commencer par énoncer l’idée que vous allez défendre suivie d’un argument pour justifier votre idée.

Cela peut donner :

« Nous allons voir à présent que nous ne sommes pas réellement libres car nos choix sont en fait déterminés par le milieu social dans lequel nous évoluons. »

Evidemment, ça n’est pas suffisant, à présent il faut expliquer votre argument car même si ce que vous dites vous paraît évident, ça ne l’est pas pour les autres. Il faut donc maintenant expliquer votre argument. C’est à ce stade que beaucoup d’élèves sèchent un peu. Que faire concrètement ?

Expliquer dans une dissertation c’est faire deux choses : clarifier et justifier

Pour clarifier, il faut essentiellement définir ce dont vous parlez. Ici, il faudra définir « déterminés », « milieu social » et préciser en quel sens vous avez pris « liberté ». Sur les différents sens possibles de la notion de liberté, je vous renvoie à cette vidéo.

Donc je reprends le développement et je précise en gras ce que je fais :

(« Nous allons voir, à présent, que nous ne sommes pas réellement libres car nos choix sont en fait déterminés par le milieu social dans lequel nous évoluons. »)

« En effet, nous pouvons nous croire libres, car notre capacité de faire des choix, c’est-à-dire notre libre arbitre, nous donne le sentiment que nous sommes à l’origine de nos décisions. (définition du sens de liberté dont je parle ici : le libre arbitre). Mais, en réalité, cette liberté n’est qu’une illusion car nos choix sont déterminés c’est-à-dire ici influencés ou causés par notre milieu social. (Définition de « déterminés »). Cela signifie que nous seul et notre raison ne sommes pas à l’origine de nos choix. (reformulation de l’argument d’une autre manière toujours pour clarifier) Ce qui cause nos choix, c’est aussi la pression souvent inconsciente de notre milieu social c’est-à-dire de notre famille, nos amis, notre entourage d’une manière générale. » (définition de milieu social).

Donc vous l’avez compris clarifier c’est beaucoup définir et parfois reformuler ce que vous dites d’une autre manière.

Prendre un exemple :

Pour clarifier encore un peu plus vous pouvez prendre un exemple, c’est à dire un cas particulier qui illustre la pertinence de votre argument

Ici cela peut donner :

Par exemple, nous pouvons penser qu’un élève de terminale qui doit choisir les études dans lesquelles il veut s’engager peut être influencés par sa famille. Sans doute que la profession de ses parents et les idées qu’ils ont sur ce qu’est un « bon métier » vont peser dans sa décision consciemment ou inconsciemment.

Bien donc pour le moment vous avez clarifié votre argument en définissant – reformulant et en prenant un exemple.

Justifier votre argument

A présent vous pouvez et devez aller encore plus loin en justifiant votre argument. Cela signifie que vous devez dire pourquoi votre argument est pertinent et énoncer des preuves.

Quel type de preuves utiliser en philosophie ? le plus souvent vous pouvez justifier votre argument en faisant référence au raisonnement d’un auteur vu dans votre cours, mais vous pouvez aussi faire références à des études scientifiques par exemple.

Cela va donc donner :

« Le sociologue français, Pierre Bourdieu, a ainsi montré que chaque famille possède un capital culturel, un capital social et un capital financier. Le capital culturel c’est les connaissances et l’intérêt pour la culture de la famille. Le capital social correspond au réseau de relation auquel la famille peut faire appel et le capital financier c’est l’ensemble des biens qu’elle possède. (définition des concepts de l’auteur ). Or, selon Bourdieu, ces différents capitaux de la famille et la richesse de ces capitaux vont avoir une grande influence sur les membres de la famille. Par exemple, il sera plus facile pour un adolescent d’obtenir un stage dans le secteur de la mode si sa famille connait des personnes dans ce secteur. Ainsi, le réseau de sa famille va lui offrir des possibilités de choix que tout le monde n’a pas. C’est ce qui explique, pour Bourdieu, que statistiquement beaucoup d’enfants choisissent des professions similaires ou proches des professions de leurs parents. »  (développement de la référence)

J’attire votre attention sur le fait qu’ il n’est pas suffisant de dire « l’auteur dit ça », il faut que vous expliquer pourquoi il le dit c’est-à-dire comment il justifie son idée. C’est ce que je viens de faire ici rapidement, mais il serait possible de développer davantage.

Une fois que vous avez justifié votre argument, il ne vous reste plus qu’à conclure votre sous-partie en rappelant rapidement en quoi ce que vous venez de dire répond bien au sujet.

Cela donne :

« Ainsi, les moyens financiers, la culture et le réseau de la famille influencent grandement les choix que font ou peuvent faire les membres de cette famille. C’est pourquoi, on peut considérer que nous ne sommes pas réellement libres car notre milieu social influence nos choix. » (rappel du sujet et de la réponse que vous apportez)

Structure finale de la sous-partie :

  • Enoncer la thèse et son argument
  • Expliquer l’argument en définissant les termes employés et en reformulant si besoin
  • Prendre un exemple
  • Justifier votre argument en apportant une preuve (raisonnement d’un auteur, études scientifiques, sociologiques, psychologiques etc)
  • Rappeler en quoi ce que vous venez de dire répond au sujet

Voilà pour cet article sur le développement de la dissertation de philosophie. J’espère qu’il vous aidera à bien développer vos sous-parties. Pour davantage de conseils de méthode sur la dissertation, vous pouvez consulter cette page.

Comment puis-je vous aider ?

Cela fait maintenant une année que je publie sur le blog et je reçois de plus en plus de questions par mail, mais aussi sur Youtube et Instagram.

J’aimerais pouvoir vous aider davantage, mais, pour cela, j’ai besoin de connaître plus précisément vos attentes et/ou difficultés. Pourrais-tu répondre à ce petit sondage afin que je comprenne mieux ce que tu aimerais recevoir comme contenu ou ce qui te bloque actuellement en philosophie ?

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Exemple de dissertation de philosophie

Exemple de dissertation de philosophie rédigée

Afin que vous compreniez mieux ce que l’on attend de vous dans une dissertation, voici un exemple de dissertation de philosophie. A chaque fois, je précise entre parenthèses juste après à quelle étape de la méthodologie de la dissertation cela correspond. Si vous ne l’avez pas lu, je vous invite à lire d’abord cet article sur la manière de bien commencer sa dissertation de philosophie ou si vous préférez la vidéo c’est ici.

Sujet : « L’homme est-il à part dans la nature ? » (Exemple de dissertation de philosophie)

Petit rappel de la structure de l’introduction. Pour un exemple d’introduction de dissertation en vidéo c’est ici.

Introduction

Vinciane Despret, philosophe et psychologue, remarque combien les hommes sont enclins à se considérer eux-mêmes comme exceptionnels. Mais, à ses yeux, c’est oublier que nous sommes aussi de grands destructeurs ou si l’on peut dire des êtres particulièrement nuisibles pour les autres, pour nous-mêmes et pour la nature. Ce faisant, elle considère bien les hommes comme « à part » dans la nature, du moins par nos capacités de destruction. Mais, est-il réellement justifié de dire que nous sommes à part dans la mesure où nous restons dépend d’une nature qui peut également nous détruire en tant qu’espèce ? (Accroche qui propose une première réponse au sujet et formule un début d’objection) Alors, l’homme est-il réellement à part dans la nature ? (Rappel du sujet) A première vue, et si l’on se fie à la manière dont les hommes se considèrent eux-mêmes depuis des siècles, l’homme est bien à part dans la nature car il serait doté de facultés exceptionnelles telles la conscience, un langage riche et articulé, une raison ou encore des cultures variées et complexes qui l’éloignent toujours davantage de la vie animale. Mais, notre tendance à nous considérer comme supérieurs, ne nous fait-elle pas oublier que notre espèce comme toutes les autres est le produit de l’évolution des espèces ? Ainsi, on pourrait dire que l’homme n’est pas particulièrement à part. L’être humain reste une espèce qui, par le fait du hasard, a développé une raison, une conscience de soi, autant de facultés qui sont devenues la norme chez l’homme car elles lui procurent un avantage et lui permettent d’étendre son influence ou peut-être son territoire. Ce mécanisme est le même pour toutes les espèces, pourquoi alors considérer l’homme comme à part ? (Problématique constituée d’une première réponse au sujet « A première vue », puis d’une objection à cette première réponse « Mais »). Nous verrons d’abord que l’être humain peut effectivement être considéré comme à part dans la nature. Puis, nous nous demanderons si cette idée que nous serions une espèce à part n’est pas une pure illusion. Enfin, nous envisagerons bien une spécificité humaine, mais qui au lieu d’être un privilège est plutôt une immense responsabilité. (Annonce du plan en 3 parties).

Développement

Avant de rédiger le développement de l’exemple de dissertation de philosophie, petit rappel de la structure globale que doit avoir votre devoir. Le nombre des sous-parties est indicatif. Il doit y avoir au moins deux sous-parties par partie et pas plus de trois.

Attention, ci-dessous, je vais mettre des titres Première grande partie / premier paragraphe. Vous ne devez pas les mettre dans vos copies. Je les mets seulement pour que vous compreniez bien la structure. Afin que votre copie soit bien lisible, vous devez passer des lignes entre les grandes parties et revenir à la ligne + alinéa quand vous changez de paragraphe (ou sous-partie).

Première grande partie : l’homme est bien à part dans la nature

Premier paragraphe :

L’être humain peut semble-t-il être considéré comme à part dans la nature car il est doté de facultés qui le rendent très différent des autres espèces. (Thèse générale du paragraphe qui répond au sujet) Certes, l’être humain appartient en un sens à la nature, car si l’on définit la nature comme l’ensemble de ce qui n’a pas été créé ou transformée par l’homme (définition de la nature) alors l’espèce humaine est bien naturelle. L’homme ne s’est pas créé lui-même, il est donc un être naturel au moins en partie. Mais, l’être humain à ceci de particulier que précisément il a cette capacité à transformer sa nature et à n’être pas totalement soumis à son instinct. Il peut se cultiver c’est-à-dire se transformer si bien qu’il peut devenir réellement très différent d’un autre être humain. (Argument formulé avec mes propres termes pour soutenir la thèse) Aux yeux de Rousseau, ce qui fait la spécificité de l’être humain par rapport aux autres espèces, c’est sa capacité à « se perfectionner ». (Utilisation d’une référence à Rousseau qui justifie la thèse, avec utilisation du vocabulaire de l’auteur). Il remarque ainsi qu’un être humain peut, par les choix qu’il fait, aussi bien devenir un très grand artiste, sportif ou savant, qu’un toxicomane. C’est d’ailleurs lui qui pose la question « Pourquoi l’homme, seul, est-il sujet à devenir imbécile ? » et il y répond que c’est parce qu’il est le seul à être libre, c’est-à-dire à pouvoir ne pas suivre un programme inscrit à l’avance dans ses gènes et qui décide de son mode de vie. Ce que l’on appelle communément un instinct. L’homme peut donc se perfectionner toute sa vie, là où l’animal va très rapidement cesser de changer dès lors qu’il est adulte. (Développement en utilisant les arguments que l’auteur utilise pour justifier sa thèse) Nous pouvons donc dire que l’homme est bien à part dans la nature, car il a cette capacité de se perfectionner que n’ont pas les autres espèces. (Retour au sujet : le but est de rappeler en quoi ce que l’on vient de dire répond au sujet)

(Suite à venir)

▶️ Je vous montre comment développer une sous-partie en vidéo ci-dessous :

Exemple d'introduction de dissertation

Exemple d’introduction de dissertation de philosophie

Dans cet article, je vais vous donner un exemple d’introduction de dissertation de philosophie. Le but est que vous compreniez bien la démarche et les différentes étapes à suivre pour arriver au résultat final.

Petit rappel : votre introduction une fois rédigée doit être composée dans l’ordre d’une accroche, d’une problématique incluant une première définition des termes du sujet, d’un rappel du sujet et d’une annonce de plan.

Je vous invite à aller regarder ma vidéo sur comment bien commencer sa dissertation de philosophie si vous ne l’avez pas vu, ou vous pouvez lire la méthode si vous préférez.

Nous allons voir un exemple d’introduction de dissertation avec le sujet : « Un homme libre est-il nécessairement heureux ? ».

Donc première chose à faire : analyser le sujet. Cela signifie que vous devez le décomposer en partie et comprendre le sens de chacune de ces parties. Les éléments les plus identifiables sont les termes qui renvoient à des grandes notions du programme, ici heureux qui renvoie à la notion de bonheur et libre pour la notion de liberté.

Pour ces termes vous devez avoir plusieurs sens possibles en tête. Ici on peut définir le bonheur comme un état de satisfaction durable et global qui provient d’un jugement sur notre existence en générale. Mais  vous pourriez également penser à la définition d’Épicure qui définit le bonheur comme une absence de souffrance dans le corps et d’inquiétude dans l’âme. Ou encore à la conception du bonheur du personnage de Calliclès dans le Gorgias de Platon qui considère qu’être heureux c’est désirer toujours davantage et remplir sa vie de plaisirs.

Puis il faut faire la même chose avec la liberté : Etre libre cela peut d’abord signifier avoir la :

Liberté d’action : c’est-à-dire avoir la possibilité d’aller où on le souhaite sans être contraint par une force physique.

ou avoir le

Libre arbitre : c’est-à-dire avoir la possibilité de choisir entre une chose et son contraire sans être influencé.

Mais la liberté cela peut aussi être

l’Autonomie : c’est-à-dire être capable de se donner ses propres règles sans avoir à suivre les ordres d’un autre.

ou encore être

Maitre de soi-même : c’est-à-dire être capable de ne pas céder à certains de ses désirs ou certaines de ses passions s’ils ne sont pas bons pour nous.

Enfin, il vous faut également préciser le sens des autres éléments du sujet. Ici « nécessairement » signifie que c’est la seule possibilité, un homme libre sera toujours heureux : cela ne peut pas être autrement.

Une fois que vous avez fait cela au brouillon, vous avez normalement des éléments, pour formuler le problème du sujet. Je vous rappelle que le but premier de l’introduction de philo est de montrer que la réponse au sujet n’est pas évidente et qu’elle va faire problème c’est-à-dire que l’on va pouvoir débattre sur ce sujet et que des réponses vont s’opposer.

Formuler le problème du sujet

Donc : il faut vous demander quelles sont les différentes réponses possibles au sujet ? en quoi s’opposent elles ? et comment peut-on les justifier ?

Le sujet est  un homme libre est-il nécessairement heureux ?

De manière assez simple, les deux réponses les plus évidentes sont d’abord :

– oui un homme libre est nécessairement heureux

– et non il semble qu’un homme libre ne soit pas nécessairement heureux.

Donc dans un premier temps vous avez vos deux réponses possibles, et vous vérifiez bien qu’elles s’opposent. Mais ça n’est pas tout à fait suffisant car en philosophie vous devez toujours justifier ce que vous dites. Vous allez donc maintenant chercher à justifier ces réponses de préférence en utilisant des arguments définition car ainsi vous définissez les termes du sujet tout en formulant la problématique.

Je vous rappelle que le deuxième objectif de l’introduction est de commencer à définir les termes.

Utiliser les définitions

Vous allez donc maintenant utiliser les définitions que vous avez trouvé dans l’analyse du sujet.

Vous reprenez vos deux réponses possibles et vous les justifiez : cela donne : oui, on peut penser qu’un homme libre est nécessairement heureux car si être libre cela signifie pouvoir faire ce que l’on souhaite sans contrainte et avoir la possibilité de faire des choix alors être libre nous permettra sans doute d’agir de manière à atteindre un état de satisfaction durable et global.

Puis vous cherchez à justifier la thèse opposée : non, il semble qu’un homme libre ne sera pas nécessairement heureux car même si nous pouvons faire des choix, cela ne signifie pas pour autant que nous allons faire les bons choix. Alors être libre n’est pas une garantie d’atteindre le bonheur.

Une fois cela fait vous n’avez plus qu’à formuler votre problématique en commençant par la réponse qui pourrait sembler la plus évidente. On peut parler de l’opinion commune.

Cela donne donc : A première vue, il semble qu’un homme libre est nécessairement heureux car si être libre cela signifie pouvoir faire ce que l’on souhaite sans contrainte et avoir la possibilité de faire des choix alors être libre nous permettra sans doute d’agir de manière à atteindre un état de satisfaction durable et global. Mais, ne pourrait-on dire au contraire qu’un homme libre n’atteindra pas toujours le bonheur car nous pouvons très bien être libre de faire des choix et pourtant faire de mauvais choix qui vont nous conduire au malheur.

Voilà vous avez fait le plus gros morceau de votre introduction. Il faut ensuite faire un plan au brouillon pour pouvoir ensuite formuler votre annonce de plan à la fin de l’introduction.

Formuler le plan : exemple d’introduction de dissertation

Je ne vais pas rentrer dans les détails ici pour que ça ne soit pas trop long mais disons que vous devez faire trois parties et que ces parties doivent défendre des réponses opposées au sujet. Par exemple, il serait possible de faire un plan comme suit :

I) Un homme libre n’est pas nécessairement heureux car être libre de faire ce que l’on veut ne signifie pas toujours que l’on fait ce qui est bon pour nous.

II) Un homme libre est nécessairement heureux car l’autonomie et la maîtrise de soi sont des garanties de bonheur.

III) La liberté peut être une source d’angoisse et ne garantit pas de ne pas faire d’erreur.

Une fois cela fait il ne vous reste plus qu’à faire une accroche (c’est facultatif mais mieux si vous y arrivez) en prenant un exemple ou une citation qui correspond au sujet. Sur ce point je vous conseille de regarder ma vidéo sur l’accroche si vous ne l’avez pas vu.

Et voilà à présent, vous rédigez en remettant tous les éléments dans l’ordre :

  • Accroche
  • Problématique avec définition des termes
  • Rappel du sujet
  • Annonce de plan.

Exemple d’introduction de dissertation rédigé :

Cela va donc donner :

Dans la pièce Le Cid de Corneille, le personnage principal Don Rodrigue est face à un dilemme : choisir entre son devoir de sauvegarder l’honneur de sa famille et le fait de poursuivre son bonheur. Il choisit finalement de faire son devoir en tuant le père de Chimène sa bien-aimé mais semble renoncer ainsi à son bonheur. Peut-on alors réellement dire que la liberté rend toujours heureux ? A première vue, il semble qu’un homme libre est nécessairement heureux car si être libre cela signifie pouvoir faire ce que l’on souhaite sans contrainte et avoir la possibilité de faire des choix alors être libre nous permettra sans doute d’agir de manière à atteindre un état de satisfaction durable et global. Mais, ne pourrait-on dire au contraire qu’un homme libre n’atteindra pas toujours le bonheur ? En effet, nous pouvons très bien être libre de faire des choix et pourtant faire de mauvais choix qui vont nous conduire au malheur. Nous allons donc nous demander si un homme libre est nécessairement heureux ? Dans un premier temps, nous verrons qu’un homme libre n’est pas nécessairement heureux car être libre de faire ce que l’on veut ne signifie pas toujours que l’on fait ce qui est bon pour nous. Puis, nous nous demanderons si l’autonomie et la maîtrise de soi ne sont pas des garanties de bonheur. Enfin, nous envisagerons que la liberté peut être une source d’angoisse et ne garantit pas de ne pas faire d’erreur.

Voilà pour cet exemple d’introduction de dissertation philosophique. J’espère qu’elle vous aidera à mieux comprendre ce que l’on attend de vous.

Comment faire un plan dialectique pour sa dissertation

Comment faire un plan dialectique pour sa dissertation

Dans cette vidéo, je vais vous expliquer comment construire un plan dialectique pour votre dissertation de philosophie.

Dans une précédente vidéo, je vous ai montré comment analyser le sujet et formuler la problématique, si vous ne l’avez pas vu, je vous conseille de la regarder. le lien apparait en haut à droite de la vidéo. Cette étape est importante car si vous avez bien formulé la problématique, vous avez déjà un début de plan dialectique.

En effet, en montrant le problème du sujet, c’est-à-dire en montrant qu’il y a au moins deux réponses qui s’opposent sur ce sujet, vous avez déjà une idée de la première et de la deuxième partie de votre plan. Par exemple, sur le sujet « le bonheur est-il un idéal inaccessible ? », vous pouvez d’abord défendre dans une première partie qu’effectivement le bonheur semble difficilement accessible. Puis dans une seconde partie, vous développerez une argumentation qui défendra au contraire que le bonheur est bien un idéal accessible. Vous commencerez alors un plan de dissertation que l’on nomme plan dialectique.

Alors qu’est-ce qu’un plan dialectique ? Et avec quoi ne faut-il pas le confondre ?

Le principe du plan dialectique est que votre devoir doit être organisé comme un débat. Votre plan va alors prendre la forme suivante : thèse/antithèse/thèse. Cela signifie que par exemple si le sujet est « Faut-il rechercher le bonheur ? », votre première partie doit répondre soit oui, il faut rechercher le bonheur, soit non il ne faut pas recherche le bonheur. Et si votre première partie défend plutôt oui, alors la deuxième partie doit s’y opposer et défendre plutôt que non. Enfin si vous avez défendu le non en deuxième partie, votre troisième partie devrait plutôt s’y opposer et défendre que oui.

Il est aujourd’hui plutôt déconseillé de faire une synthèse en troisième partie, car cela entraîne très souvent des troisièmes parties peu intéressantes où l’on finit sur un « peut-être que oui, peut-être que non ». Or, le but de la dissertation est tout de même d’arriver à une réponse argumentée relativement solide. En d’autres termes, il faut que vous preniez position sur le sujet dans un sens ou dans un autre. Le correcteur doit pouvoir dire à la fin si vous avez répondu plutôt oui ou plutôt non au sujet.

Par ailleurs, il faut vous assurer que chacune de vos parties réponde au sujet dans son intégralité et éviter le plan thématique qui justement risque de ne pas répondre au sujet. Le pire consiste à découper le sujet selon les différentes notions du sujet et à les traiter séparément dans les parties. Par exemple, sur le sujet « un homme libre est-il nécessairement heureux ? » où il y a deux grandes notions du programme la liberté et le bonheur, si vous faites : Première partie le bonheur, deuxième partie la liberté, troisième partie le bonheur et la liberté, alors vos deux premières parties sont hors sujet car elles ne répondent pas au sujet. En effet, expliquer ce qu’est le bonheur dans une première partie ne répond pas à la question de savoir si un homme libre est nécessairement heureux.

Donc point très important, chacune de vos parties doit répondre au sujet de manière claire sinon vous risquez de faire un hors sujet.

A présent nous allons voir comment construire son plan concrètement ? Je vais vous donner d’abord une méthode à suivre si vous êtes totalement débutant en philosophie. Disons que c’est un bon point de départ si vous êtes en terminale.

Le but est de construire un plan qui fasse thèse/antithèse/thèse : si je simplifie beaucoup cela signifie que vous devez arriver à quelque chose comme oui/non/oui ou non/oui/non.

Il faut alors que vous commenciez par déterminer quelle est la position que vous voulez défendre pour finir c’est-à-dire en troisième partie car vous allez construire votre plan en fonction de cela. La thèse que vous défendez en troisième partie doit être celle qui vous semble la plus juste et la plus convaincante.

Une fois que vous avez déterminé la réponse que vous voulez défendre pour finir, il vous faut construire vos parties 1 et 2 en conséquences.

Si vous voulez finir en défendant non alors votre deuxième partie devra défendre le oui et la première le non.

Il y a alors deux cas de figures possibles :

– soit vous n’avez pas d’avis particulier sur le sujet et ne voulez pas défendre une thèse en particulier, alors vous allez simplement vous demandez pour quelle réponse au sujet vous avez le plus d’arguments. Par exemple, si sur le sujet le bonheur est-il un idéal inaccessible ?, vous avez d’avantage d’arguments pour défendre que le bonheur est bien inaccessible alors vous ferez un plan en Oui/Non/Oui. Vous veillerez évidemment à ce que les arguments les plus forts soient dans la troisième partie car ce sont ceux qui ont résisté aux objections de la deuxième partie.

– soit vous voulez défendre une réponse en particulier, alors vous allez organiser votre plan de manière à finir en troisième partie par la réponse que vous voulez défendre. Ceci car dans un discours ou une argumentation, les éléments qui arrivent en dernier sont souvent les plus forts et ceux qui vont rester en mémoire. Dans ce cas, si vous voulez finir par la thèse selon laquelle le bonheur n’est pas un idéal inaccessible, alors vous allez faire un plan en Non/Oui/Non.

A présent je vais vous expliquer comment faire une très bonne troisième partie. Chose que vous pourriez arriver à faire avec un peu de pratique de la philosophie et qui correspond à un niveau plus confirmé.

Il y a plusieurs façons de faire une bonne troisième partie dans un plan dialectique. Le mieux est de faire en sorte que la troisième partie apporte réellement quelque chose et fasse progresser l’argumentation et la définition des termes du sujet.

Une façon de faire encore facile consiste à s’appuyer sur un élément secondaire du sujet comme l’adverbe. Par exemple, si le sujet est : « un homme libre est-il nécessairement heureux ? » alors vous pouvez vous appuyer sur le « nécessairement » pour montrer qu’un homme libre peut souvent être heureux mais pas nécessairement.

Je vais à présent vous présenter deux manières de faire une troisième partie qui me semblent parmi les plus habiles :

– 1er façon de faire : Faire une troisième partie en s’appuyant sur une distinction conceptuelle. Qu’est-ce que cela signifie ? Dans votre devoir, vous devez gagner en précision dans la définition des termes du sujet et notamment distinguer de plus en plus le terme principal des autres termes qui semblent d’abord proches mais n’ont cependant pas exactement le même sens. Par exemple, si vous avez le terme bonheur dans le sujet, les termes proches sont plaisir et joie. Ainsi, si le sujet est « le bonheur est-il un idéal inaccessible ? », vous pourriez faire une troisième partie qui défend que le bonheur entendu comme état de satisfaction durable et global est sans doute inaccessible, mais que ça n’est peut-être pas le cas de la joie entendue comme état de satisfaction plus éphémère et plus intense ressenti lorsque l’on réussit quelque chose qui a demandé des efforts. Vous pourriez alors finir en défendant que le bonheur est bien inaccessible mais pas la joie. Vous proposez alors une réponse intéressante au sujet en précisant le sens des termes.

– 2e façon de faire : Faire une troisième partie en « dépassant » le sujet. Il n’est pas rare d’entendre que la troisième partie doit opérer un dépassement du sujet. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela peut signifier, par exemple, que l’on va montrer qu’il y a peut-être une manière plus satisfaisante et intéressante de poser le problème en déplaçant le point de vue que l’on adopte pour traiter le sujet. Le risque néanmoins ici est de changer complètement le sujet et de faire un hors sujet. Faire une troisième partie de ce type demande donc une très bonne compréhension du sujet.

Comment faire pour éviter un hors sujet dans ce cas ?

D’abord, il faut être conscient que cette forme de troisième partie ne sera pas toujours possible ou ne conviendra pas toujours à la direction qu’a prise votre argumentation. Ne cherchez donc pas à faire ainsi à toute force.

Une bonne manière de dépasser le sujet peut consister à reposer le sujet non pas en terme de possibilité mais en terme de légitimité ou de valeur. Par exemple, si le sujet est « Peut-on échapper au temps ? », après avoir fait les deux premières parties en traitant de la possibilité ou non d’échapper au temps, vous pouvez en troisième partie, vous demandez si la question ne serait pas plutôt de savoir s’il est souhaitable de vouloir échapper au temps.  est-ce légitime ? est-ce bien ? Alors la troisième partie de votre plan dialectique défendra par exemple que même s’il était possible d’échapper au temps ce n’est peut-être pas souhaitable. 

Pour davantage de cours sur la méthode de la dissertation, vous pouvez consulter cette page ou regarder mes autres vidéos sur la méthode de la dissertation.

Méthodologie de la dissertation de philosophie

Méthodologie de la dissertation de philosophie (Résumé)

Méthodologie de la dissertation de philosophie
Méthodologie de la dissertation de philosophie

Cet article est un résumé des principales étapes de la méthodologie de la dissertation de philosophie. Vous pouvez également retrouver la méthode en vidéos ici.

Le travail au brouillon :

  1. Commencez par analyser le sujet.

Pour faire une bonne dissertation, il faut d’abord bien comprendre la question qui est posée. Commencez par analyser chaque terme du sujet : demandez-vous ce que signifient les mots employés, comment vous pourriez les définir, ce qu’ils évoquent, à quels concepts vous pouvez les associer et à quels aspects du cours ou à quels auteurs étudiés vous pouvez les rattacher.

Pour bien comprendre la question, essayer de la reformuler en n’oubliant aucun aspect important : cela vous permet de comprendre exactement ce qui est demandé afin de ne pas faire de hors-sujet ! C’est une des étapes les plus importantes de la méthodologie de la dissertation de philosophie.

  1. Trouver des idées.

Une fois que vous avez bien compris le sujet, il faut vous demander ce que vous pourriez répondre à cette question et surtout comment vous pourriez défendre vos réponses, c’est-à-dire les argumenter, les justifier. Mais, vous ne devez pas vous contenter d’une seule réponse : il faut que vous vous demandiez quelles objections on pourrait vous faire, comment on pourrait envisager les choses autrement, etc. Il s’agit de dialoguer avec vous-mêmes !

En fait, vous devez trouver quels arguments permettraient de défendre les deux réponses possibles (oui et non) : l’objectif est de comprendre la complexité de la question, autrement dit de saisir pourquoi elle pose un problème qui ne permet pas de donner une réponse unique et définitive. En d’autres termes, vous devez comprendre pourquoi elle suscite un débat !

Pour trouver des idées, il faut réfléchir ! Mais vous pouvez aussi vous référer au cours, aux auteurs étudiés, vous pouvez également analyser des exemples, des références littéraires ou cinématographiques, etc.

  1. Construire la problématique.

Une fois que vous avez trouvé suffisamment d’idées, vous devez essayer de formuler précisément le problème que soulève ce sujet. Une problématique, en philosophie, c’est ce qui permet de comprendre pourquoi on ne peut pas répondre de manière immédiate, unique et définitive à la question qui est posée. Si cela n’est pas possible, c’est parce que la question posée suscite un débat qui oblige à envisager plusieurs éléments de réponse pour comprendre la complexité de la réalité évoquée.

Pour construire la problématique, il faut suivre trois étapes :

Commencez par énoncer et expliquer brièvement la réponse la plus évidente que l’on pourrait donner à cette question. Cette réponse correspond  le plus souvent au sens commun : ce que l’on pense spontanément sans avoir réfléchi à la question.

Expliquer ensuite quelle objection on pourrait faire à cette première thèse : vous pouvez vous appuyer sur un exemple que vous analyserez brièvement. Cette objection permet de faire surgir la dimension problématique en montrant que la réponse n’est pas aussi simple et évidente que l’on pouvait le penser, parce qu’une difficulté surgit. Utilisez des définitions des termes du sujet.

Ensuite, vous présentez une nouvelle objection à la thèse précédente en vous appuyant sur des définitions et un exemple.

  1. Construire le plan.

Votre plan doit comporter obligatoirement trois parties : les deux premières correspondent aux deux premières étapes de votre problématique.

La première partie expose de manière détaillée la réponse la plus évidente, immédiate que l’on peut donner au sujet : cette réponse correspond  le plus souvent au sens commun. Il s’agira donc d’expliquer pourquoi on peut être amené à penser cela.

La deuxième partie expose les objections que l’on peut faire à cette thèse immédiate : cette deuxième partie est plus « philosophique » parce qu’elle présente un raisonnement plus approfondi.

La troisième partie approfondit encore le raisonnement en apportant une nouvelle idée : CE N’EST PAS une synthèse, c’est-à-dire un mélange des deux premières parties. Il s’agit de défendre la thèse avec des arguments plus forts qui résistent aux objections de la deuxième partie.

Par exemple : pour le sujet « peut-on forcer quelqu’un à être libre ? », la troisième partie explique pourquoi on peut dire, à la fois, que la liberté n’est pas compatible avec la contrainte (1ère partie), et que la contrainte est nécessaire pour que les hommes deviennent libres (2ème partie). La résolution de cette contradiction se trouve dans le concept d’autonomie. En effet, la vraie liberté consiste à être autonome, c’est-à-dire à être capable de se donner soi-même des règles, mais cette autonomie n’est pas innée : elle ne peut être développée que par l’intériorisation et la compréhension des contraintes. Autrement dit, l’homme ne peut devenir autonome qu’à partir du moment où il a d’abord été forcé à respecter des règles (rôle de l’éducation), règles qu’il est ensuite devenu capable de comprendre et de s’appliquer par lui-même grâce à sa raison.

Méthodologie de la dissertation de philosophie : La Rédaction

  1. L’introduction

L’introduction comporte deux parties :

Le premier paragraphe est la présentation détaillée de la problématique.

Le deuxième paragraphe est l’exposé rapide du plan que vous allez suivre : présentez rapidement l’idée principale de chaque partie.

  1. Le développement

Chaque partie doit commencer par l’annonce de l’idée principale que vous allez défendre dans cette partie, et elle doit se terminer par un rapide bilan de ce que vous avez montré dans cette partie. Par ailleurs, entre deux parties, vous devez faire suivre le bilan d’une transition qui doit faire apparaître une difficulté posée par l’idée que vous venez de défendre. Cette transition permet de montrer pourquoi il faut poursuivre la réflexion en envisageant une nouvelle réponse, ou une nouvelle idée. 

Chaque partie doit comporter plusieurs arguments donc plusieurs sous-partie : au minimum deux ! Ces arguments peuvent être de plusieurs nature, mais ils doivent tous être précisément et clairement expliqués. Ce peut être : l’analyse d’une définition, une idée personnelle, une idée exposée en cours, une thèse développée par un auteur, l’analyse d’un exemple, la référence à un livre ou un film, ou tout autre œuvre culturelle. 

Enfin, vous devez définir clairement chaque concept important que vous utilisez. La première partie doit contenir au moins la définition des termes importants du sujet, mais vous pouvez apporter de nouveaux concepts jusque dans la troisième partie : il faudra alors les définir.

  1. La conclusion

La conclusion comporte trois parties : 1. La reprise rapide de la question posée par le sujet et du problème qu’elle soulevait. 2. Le résumé de votre développement. 3. Une ouverture qui explique quelle nouvelle question votre raisonnement ouvre : il s’agit de montrer que la réflexion peut se poursuivre, éventuellement en faisant le lien avec une autre notion du programme.

J’espère que ce résumé de la méthodologie de la dissertation de philosophie vous aidera a bien commencé, vous trouverez encore davantage de conseils sur la page Méthode.

Episode 14 : 8 erreurs à éviter pour réussir sa dissertation de philosophie

Cliquez ici pour l’écouter sur Spotify ou sur Itunes.

Bonjour, bienvenue dans cette vidéo dans laquelle nous allons voir les 8 erreurs que vous devez éviter pour réussir votre dissertation de philosophie.

Je vais commencer par les erreurs que vous devez absolument éviter car elles risquent de vous conduire au hors sujet jusqu’aux erreurs moins dommageables mais qu’il faut chercher à éviter néanmoins.

Première erreur très courante et pourtant très dommageable :

1. Ne pas formuler de problématique pour sa dissertation de philosophie

La problématique est vraiment l’élément essentiel de votre introduction de dissertation. Il faut toujours avoir en tête que la démarche philosophique consiste à remettre en question les opinions communes. Cela signifie que dans votre introduction, vous devez montrer que si la réponse au sujet peut sembler évidente, ça n’est en réalité pas si simple. En d’autres termes, vous devez montrer le problème du sujet c’est-à-dire que ce sujet fait débat et que des réponses opposées peuvent être défendu sur cette question.

Bien formuler la problématique est également très important dans votre dissertation de philosophie car cela vous permet d’éviter le hors sujet. En effet, si vous avez compris quelles grandes réponses peuvent s’opposer sur ce sujet, vous avez déjà une idée de votre plan et vos parties seront sans doute dans le sujet. 

Sur la formulation de la problématique dans l’introduction de dissertation, je vous conseille de regarder cette vidéo.

2. Ne pas voir le présupposé du sujet et faire donc un hors sujet dans l’une ou plusieurs de ses parties.

Effectivement, il n’est pas rare que le sujet que l’on vous donne comporte un présupposé. Qu’est-ce qu’un présupposé ? Un présupposé est une thèse ou affirmation que l’on vous demande d’admettre avant de traiter le sujet et qui ne sera donc pas l’objet de la réflexion.

Par exemple, le sujet : « Un homme libre est-il nécessairement heureux ? »  comporte un magnifique présupposé.

D’après vous, quelle est la thèse qui est admise dans ce sujet et qui ne doit pas être discutée ici, même si par ailleurs c’est un problème philosophique que l’on peut poser ?

« L’homme peut être libre », en effet, le sujet « un homme libre » suppose que l’homme peut être libre, ce qui n’est pas du tout évident. Néanmoins, si dans ce sujet, vous commencez à dire que l’homme n’est pas libre, vous ne répondez plus au sujet, car « l’homme n’est pas libre » n’est pas une réponse au sujet « un homme libre est-il nécessairement heureux ? ».

On vous demande donc d’admettre l’hypothèse que l’homme peut être libre pour vous concentrer sur le problème de savoir si cette liberté rendra toujours l’homme heureux.

3e erreur très courante et qui cause bien des hors sujets.

3. Faire des parties qui ne répondent pas au sujet dans son intégralité mais traitent seulement des morceaux du sujet.

Il faut que vous gardiez en tête que votre devoir doit être une argumentation, vous devez défendre d’abord une certaine réponse au sujet dans la première partie puis une autre réponse au sujet en deuxième partie. Dans tous les cas, chacune de vos parties doit répondre au sujet dans son intégralité.

Qu’est-ce que cela signifie ? Reprenons l’exemple du sujet : « un homme libre est-il nécessairement heureux ? »

Si vous vous dites en analysant le sujet, bon il est question de la liberté et du bonheur donc I) la liberté II) le bonheur III) le liberté et le bonheur.

Alors votre première et votre deuxième partie sont hors sujet car vous ne répondez pas directement au sujet. Définir ce qu’est la liberté et vous demandez si l’homme est libre ne répond pas à la question : « un homme libre est-il nécessairement heureux ? » Assurez-vous donc toujours que vous répondez au sujet dans son intégralité.

4. Ne pas définir les termes du sujet

Définir les termes du sujet est ce que vous devez faire au tout début lorsque vous analysez le sujet au brouillon. C’est une étape très importante car vous devez bien comprendre de quoi il est question dans le sujet pour espérer montrer le problème et ensuite faire un plan cohérent. Par exemple, si le sujet porte sur le devoir est que vous n’avez pas idée de ce que ce terme peut signifier, en dehors d’une disserte à rendre pour demain, c’est mal parti. Il est donc essentiel que vous connaissiez au moins les définitions classiques des grandes notions du programme. Par ailleurs, si pendant votre dissertation vous parlez du devoir en général sans préciser si vous pensez au devoir moral ou encore au devoir civique, il est probable que votre argumentation va rester plutôt vague et imprécise ce qui est à éviter dans une dissertation de philosophie.

5. Etre relativiste et prétendre tout le long du devoir que de toute façon « c’est relatif ».

Cette erreur peut sembler anodine, mais il n’en est rien, elle peut même être fatale ! Pourquoi ? Le relativisme est une thèse que l’on peut défendre en philosophie. On parlera par exemple de relativisme moral ou encore de relativisme esthétique. Cela signifie que vous défendez que sur telle ou telle question, par exemple, sur la valeur d’une oeuvre d’art, il est impossible d’arriver à un jugement objectif et que donc cela dépend du point de vue ou de la sensibilité de chacun. Sur certains sujets, cela peut être une réponse intéressante. Néanmoins attention, il faut en faire un usage très modéré car si vous défendez sur tout et à tout propos que « cela dépend des points de vue », cela signifie qu’il n’est plus possible d’argumenter sur quelque sujet que ce soit. En d’autres termes, dire « cela dépend des points de vue » est souvent une façon de refuser le débat. Si je simplifie : Etre constamment relativiste dans votre copie revient à dire au correcteur, cette question n’a pas lieu d’être discutée ou ce sujet est sans intérêt et je ne vois pas pourquoi on en parle puisque cela dépend des points de vue. Cela revient presque à dire que la philosophie ne sert à rien, puisque tout est relatif ! Indépendamment du fait que cette affirmation est très contestable, je crois que vous commencez à voir le problème. Autant vous dire que le prof de philo n’aime pas particulièrement que l’on nie l’utilité de la philosophie. Essayez donc plutôt de montrer en quoi ce sujet est particulièrement intéressant et pose un réel problème.

6. Parler d’un auteur en deux lignes et passer à autre chose

Si vous faites référence à un philosophe c’est pour développer sa thèse et vous appuyez sur ses arguments. Si vous ne faites que le nommer sans prendre la peine de développer sa pensée, ça ne sert à rien car alors ce que vous dites de l’auteur ne vous permet pas de justifier réellement votre réponse au sujet. Sur ce point, vous pouvez regarder ma vidéo sur comment formuler un bon argument. J’y explique notamment ce qu’est un argument d’autorité et à quelles conditions il peut être intéressant en philosophie.

7e erreur : Commencer votre introduction par « De tout temps », « Au jour d’aujourd’hui »

Ou encore une phrase très vague et générale du même genre qui a toutes les chances d’être une banalité ou une idée reçue. Il ne s’agit pas, vous le comprenez, d’une erreur aussi dommageable que d’oublier de faire une problématique dans votre introduction. Néanmoins, il est dommage de commencer votre dissertation par une banalité, cela fait plutôt mauvais effet et dispose mal votre correcteur pour la suite. Je vous suggère donc de plutôt faire une accroche en prenant un exemple ou en citant un auteur. Sur cette question, vous pouvez regarder ma vidéo sur l’accroche où j’explique tout cela en détails.

8. Commencer votre paragraphe par selon Descartes, selon Kant, selon Epictète…

Le problème n’est pas de se référer à un philosophe dans votre copie et au contraire il vaut quand même mieux qu’il y ait des philosophes dans votre dissertation de philosophie. Mais votre devoir doit néanmoins rester votre argumentation. Il faut donc éviter de juxtaposer simplement des références dans votre copie et il faut vous approprier les auteurs. Cela signifie par exemple que vous pouvez formuler un argument avec vos propres termes pour ensuite seulement faire référence à un auteur qui développe cet argument et apporte son propre vocabulaire pour justifier sa thèse. Par ailleurs, vous pouvez également développer des arguments sans référence philosophique. Il vaut bien mieux formuler un argument précis sans référence philosophique que de réciter la doctrine d’un auteur sans montrer comment il peut répondre au sujet.

Voilà pour cette vidéo j’espère qu’elle vous aidera à réussir votre dissertation de philosophie, si vous voulez davantage de conseils je vous invite à aller lire mes articles qui traitent de la méthode de la dissertation sur mon blog apprendre la philosophie et si la vidéo vous a aidé, n’oubliez pas de vous abonner à la chaine pour être informé des prochaines.

Bonjour, bienvenue dans cette vidéo dans laquelle nous allons voir comment bien formuler un argument dans votre dissertation de philosophie

Formuler un bon argument pour sa dissertation de philosophie

Bonjour, bienvenue dans cette vidéo dans laquelle nous allons voir comment bien formuler un argument dans votre dissertation de philosophie.

En effet, Une dissertation de philosophie est d’abord une argumentation. Il va donc être essentiel de savoir bien argumenter pour la réussir. Or, c’est aussi ce qui pose souvent problème aux élèves.  Vous pouvez avoir tendance à confondre argument et exemple ou encore à énoncer des idées sans réellement les justifier c’est-à-dire donner des arguments pour les soutenir.

Alors comment bien argumenter ?

Je vais d’abord rappeler la distinction essentielle entre un exemple et un argument puis je vous présenterai différents types d’arguments qui peuvent être utiles dans une dissertation.

Une erreur courante que l’on fait en philosophie consiste à confondre argument et exemple. Un argument est toujours général, il va justifier une thèse de manière générale alors qu’un exemple est un cas particulier. Par exemple, si vous aviez un sujet tel que « Les révolutions sont-elles toujours un facteur de libertés ? », une mauvaise façon d’argumenter serait de dire « les révolutions sont bien un facteur de liberté car la révolution française a finalement apporté davantage de libertés aux français ». Vous voyez ici que la déduction est invalide car ça n’est pas parce qu’une révolution singulière a apporté des libertés que l’on peut en déduire que les révolutions en général sont facteurs de libertés. Pour que la réponse au sujet soit véritablement justifiée il faut que l’argument soit également général. Par exemple, vous pourriez utiliser un argument définition et défendre que dans la mesure où les révolutions sont des ruptures souvent brutales avec l’ordre politique établi (définition), alors elles produisent par nature de l’instabilité, du désordre, ce qui rend les conséquences d’une révolution très incertaine. Or, si les conséquences sont incertaines, il n’est pas possible d’affirmer que les révolutions sont toujours facteur de libertés.

Ceci étant dit, les exemples sont très utiles et pertinents quand ils viennent par exemple après un argument général pour l’illustrer.

Un argument est donc une justification rationnelle et générale de la thèse que vous allez défendre. Utiliser un argument n’est d’ailleurs pas réservé à la dissertation de philosophie, vous utilisez également des arguments dans votre vie quotidienne, dès lors que vous cherchez à convaincre quelqu’un.

Dans votre dissertation de philosophie, vous allez utiliser des arguments pour justifier les différentes réponses au sujet. Comme vous faites un plan dialectique en trois parties, il vous faudra à chaque fois au moins deux arguments par partie soit au minimum 6 arguments dans votre copie. Ce sont les arguments qui vont soutenir votre thèse dans chaque partie et il faut qu’il y ait au moins un argument par sous partie.

Mais comment trouver et formuler de bons arguments ? Je vais vous donner plusieurs façons possibles d’argumenter en philosophie.

1er façon, vous pouvez argumenter en utilisant ce que je vais appeler l’argument définition

Il s’agit d’utiliser une définition pour en déduire logiquement une thèse ou une réponse au sujet. C’est un type d’argument que vous pouvez commencer à utiliser lors de la formulation de la problématique, je vous conseille d’ailleurs de regarder ma vidéo sur comment bien commencer sa dissertation si vous ne l’avez pas vu.

L’argument définition consiste alors à justifier une réponse au sujet en utilisant la définition ou un aspect de la définition d’un des termes du sujet. Par exemple, si vous avez le sujet « un homme libre est-il nécessairement heureux ? », vous pouvez partir de la définition de liberté comme libre arbitre et en déduire qu’un individu qui a le choix peut sans doute être plus heureux qu’un individu qui n’a pas le choix car il sera alors libre de choisir de faire plutôt ce qui, selon lui, le rendra heureux.

Cela donnera donc : « Nous pouvons d’abord penser qu’un homme libre est nécessairement heureux car si par libre, on entend qu’il possède la capacité de choisir alors il peut sans doute utiliser cette capacité pour faire les meilleurs choix pour lui. Un homme libre sera donc heureux. »

Vous voyez qu’ici la réponse au sujet ou thèse que vous défendez est justifiée notamment par une certaine définition de la liberté comme libre arbitre.

Vous le remarquez peut-être, ici il s’agit d’un argument plutôt naïf qui ne va pas résister très longtemps car ça n’est pas parce qu’on a le choix que l’on fait toujours les bons choix. Néanmoins cela peut être un bon argument pour une première partie de dissertation et il est de toute façon possible de faire des arguments très convaincants en utilisant des définitions.

2 façon d’argumenter : Argumenter en utilisant l’argument de fait ou d’expérience

Cela consiste à justifier une thèse en vous appuyant sur une observation des faits. Par exemple, dans le sujet le « le bonheur est-il un idéal inaccessible ? », il est possible de défendre que le bonheur ne semble pas inaccessible puisque dans les faits on observe que bien des gens sont heureux. Pour autant, ce type d’argument est à privilégier en début de réflexion car il ne s’agit pas d’un argument très élaboré et il sera facile de lui trouver des limites. En effet, même si de nombreuses personnes se disent heureuses, on pourra par exemple se demander ce qu’elles entendent par heureuse et s’il s’agit réellement du bonheur.

3e façon d’argumenter ou type d’argument : Argumenter en utilisant l’argument logique

C’est un des types d’argument les plus classiques, il consiste notamment à enchainer des propositions de manière la plus logique possible. Par exemple, si l’on prend à nouveau le sujet : « un homme libre est-il nécessairement heureux ? », il est possible d’argumenter en enchaînant logiquement des propositions. Par exemple on pourra défendre

qu’un homme libre n’est pas nécessairement heureux car même si cet homme a alors la capacité de faire des choix, cela ne signifie pas pour autant qu’il est omniscient ou qu’il sait tout, il va donc potentiellement se tromper et faire de mauvais choix même s’il souhaite faire ce qui est dans son intérêt.

Si j’écris ce raisonnement de manière logique cela pourrait donner :

 – un homme libre a la capacité de faire des choix

– or être libre n’est pas équivalent à tout savoir

– donc un homme libre peut très bien se tromper et être malheureux. 

Vous voyez qu’il s’agit dans cet argument de tirer une conclusion des propositions précédentes.

4e façon d’argumenter : Argumenter en utilisant l’argument d’autorité

Un argument d’autorité consiste à s’appuyer sur l’expertise reconnue d’une personne dans un domaine pour défendre une thèse. Il est possible d’utiliser ce type d’argument en philosophie à condition de développer les arguments de l’expert. Il n’est pas suffisant de dire « cet expert dit cela donc c’est vrai ». Il faut quand même donner ses arguments. Dans votre dissertation vous allez y recourir quand vous développez la pensée d’un auteur.

Néanmoins, attention votre dissertation doit rester votre argumentation et pas simplement une juxtaposition d’arguments de différents auteurs, il est donc nécessaire d’introduire les auteurs dont vous allez parler. Je vous conseille de formuler, par exemple, l’argument avec vos propres termes d’abord puis de faire référence à l’auteur ensuite pour développer.

Voilà pour cette vidéo j’espère qu’elle vous aidera à réussir le développement de votre dissertation, si vous voulez davantage de conseils je vous invite à aller lire mes articles sur la page Méthode ici

Très bonne journée à vous

Thomas Kuhn : Y a-t-il des révolutions scientifiques ?

Thomas Kuhn, dans son œuvre Structure des révolutions scientifiques publiée en 1962, considère que l’idée de révolution scientifique est une idée qui permet de mieux comprendre comment le savoir scientifique est produit. Selon lui, la science est essentiellement une activité de résolution d’énigmes qui se développe en suivant un schéma en quatre étapes : science normale, crise, science extra-ordinaire, révolution scientifique et finalement retour à la science normale.

Il distingue ainsi les périodes de science normale et les périodes de science extraordinaire qui sont les périodes où ont lieu les révolutions scientifiques. Pour comprendre ce qui se joue dans ces différentes périodes il faut d’abord comprendre ce que Kuhn entend par paradigme dans les sciences. En effet, pour lui, on peut légitimement parler de révolution scientifique quand a lieu dans la science concernée un changement de paradigme.

Que faut-il entendre par paradigme pour Thomas Kuhn ?

Pour Kuhn, il ne s’agit pas simplement d’un exemple ou d’un cas qui peut servir de modèle, mais plus précisément les paradigmes sont, selon lui, des « découvertes scientifiques universellement reconnues qui, pour un temps, fournissent à une communauté de chercheurs des problèmes types et des solutions ». (Structure des révolutions scientifique, p.11). En d’autres termes, il s’agit donc d’un ensemble de principes théoriques et méthodologiques qui ne sont pas forcément très précis mais qui font consensus dans la communauté scientifique du moment parce qu’ils permettent de résoudre des problèmes que le paradigme précédent ne permettait pas de résoudre. En effet, à l’origine du changement de paradigme il y a ce que Kuhn appelle des anomalies. Ce sont des faits qui ne vérifient pas la théorie. Quand des anomalies se multiplient, cela ne signifie pas que le paradigme va être abandonné tout de suite.

« Décider de rejeter un paradigme est toujours simultanément décider d’en accepter un autre, et le jugement qui aboutit à cette décision implique une comparaison des deux paradigmes par rapport à la nature et aussi de l’un par rapport à l’autre »(Structure des révolutions scientifiques, p.115).

Exemples de révolutions scientifiques

Les scientifiques ne vont en effet abandonner un paradigme que s’ils en ont un autre qui leur paraît plus efficace pour expliquer le réel. Néanmoins s’ils ne disposent pas encore d’un autre paradigme suffisamment convaincant, ils peuvent décider de garder le paradigme actuel encore très longtemps en tolérant les anomalies. Ainsi le passage du paradigme géocentrique au paradigme héliocentrique peut s’expliquer par le fait que les scientifiques relevaient de nombreuses anomalies et notamment observés des irrégularités inexplicables dans la trajectoire des planètes. Avec le changement de paradigme, ce qui était inexplicable devient explicable et c’est parce que le nouveau paradigme permet cela qu’il va finalement être adopté.

En biologie, on peut prendre l’exemple du passage du transformisme de Lamarck à la théorie de l’évolution de Darwin comme exemple d’un changement de paradigme. Au 18e siècle, Lamarck défend en effet le transformisme, théorie selon laquelle les différentes espèces s’expliquent par l’adaptation des animaux à leur milieu. Les milieux étant parfois différents, les animaux auraient tendance à évoluer différemment. Cette théorie est profondément remise en question par Darwin dans son œuvre L’origine des espèces par la sélection naturelle. Selon lui, les différentes espèces s’expliquent plutôt par un double processus : d’abord toutes les espèces vivantes ont un ancêtre commun mais elles se distinguent peu à peu du fait de mutations génétiques aléatoires. Ensuite, certaines mutations sont mieux adaptées à l’environnement et donc les individus mutés survivent davantage et transmettent donc leurs gènes.

Les révolutions prennent du temps

Il y a donc bien, aux yeux de Thomas Kuhn, des révolutions scientifiques car on observe des changements de paradigmes à l’occasion desquels certaines théories et principes fondamentaux sont abandonnés pour être remplacés par d’autres. Il accepte néanmoins que ces révolutions ne sont pas des événements uniques mais qu’elles prennent parfois du temps et ne font pas table rase de tout ce qui les précède. On peut par exemple observer que lors du passage à l’héliocentrisme par une majorité de la communauté scientifique, certains comme Tycho Brahe sont néanmoins restés attachés à l’astronomie géocentrique de Ptolémée. Les révolutions prennent donc du temps et ne sont pas aussi brutales que l’on peut parfois l’imaginer.

Un point important de la théorie des révolutions scientifiques de Thomas Kuhn tient au fait qu’elle rend compte de deux moments différents dans les sciences, l’un où il n’y a pas de révolution et l’autre où une révolution scientifique devient possible. C’est ce qu’il appelle science normale et science extraordinaire. Selon lui, les périodes de science normale sont les périodes où une science dispose d’un paradigme stable qui n’est pas ou peu contesté (peu d’anomalies). Les scientifiques font alors les expériences et produisent les résultats qui sont en quelque sorte attendue par le cadre théorique et les méthodes prescrites par le paradigme. Ils ne font par exemple que valider la théorie de l’évolution de Darwin par des expériences diverses sans remettre en question l’idée fondamentale de Darwin, ni les méthodes qui ont alors cours en biologie. On peut alors dire que les scientifiques accumulent des connaissances et progressent dans le déploiement du paradigme sans rencontrer de réels problèmes ou incompatibilités entre les résultats de leurs expériences et la théorie de départ.

Mais survient, selon Thomas Kuhn, un moment où les anomalies par rapport au paradigme se multiplient, il parle alors d’une période de science extraordinaire. C’est alors que si un autre paradigme plus efficace est défendue par d’autres scientifiques et si une majorité de la communauté scientifique décident d’adopter le nouveau paradigme alors a lieu une révolution scientifique c’est-à-dire un changement de paradigme. A ces conditions, on peut ajouter, selon lui, que souvent des facteurs sociaux et culturels influent sur le changement de paradigme ou sa conservation. On peut penser par exemple au fait que la révolution copernicienne a été d’autant plus difficilement adoptée qu’elle remettait en question des croyances religieuses.

Révolution et progrès selon Thomas Kuhn

Selon Thomas Kuhn, les paradigmes sont incommensurables au sens où ils n’ont pas de communes mesures car les règles, les critères d’évaluation, les méthodes, les croyances les questions que l’on va se poser changent profondément d’un paradigme à l’autre. Il est alors tentant de tomber dans le relativisme car comment dire qu’un paradigme est meilleur qu’un autre si on ne dispose plus de règles communes pour juger les différents paradigmes ? Or, si on ne peut plus dire que le paradigme qui a pris la place de l’autre lui est supérieur alors il semble difficile d’affirmer le progrès scientifique et on semble condamné au relativisme, la valeur d’un paradigme dépendant des règles variables de ce même paradigme. Il semblerait alors que l’idée de révolution scientifique soit plutôt un obstacle à l’idée d’un progrès dans les sciences.

Néanmoins Kuhn refuse totalement l’idée d’un relativisme des paradigmes et insiste sur le fait que l’incommensurabilité des paradigmes ne signifie pas qu’on ne peut pas comparer la valeur des théories concurrentes.

« les théories scientifiques de date récente sont meilleures que celles qui les ont précédées, sous l’aspect de la résolution des énigmes (…). Ce n’est pas là une position de relativiste, et elle précise en quel sens je crois fermement au progrès scientifique ». (Structure des révolutions scientifiques, p. 279)

Ainsi, selon Kuhn, lors des périodes de « science normale », on peut tout à fait parler de progrès dans les sciences puisque les scientifiques sont dans une phase de confirmation du paradigme et d’accumulation des connaissances. Comme il y a croissance des connaissances, on peut donc y voir un progrès.

Mais il est, selon Thomas Kuhn, également possible de parler de progrès scientifique dans les périodes de « science extraordinaire » où ont lieu les révolutions scientifiques car le consensus qui finit par s’établir pour un paradigme l’est selon ses mots pour «  de bonnes raisons ». En d’autres termes, si un paradigme l’emporte sur un autre et convainc la majorité de la communauté scientifique c’est parce que le paradigme victorieux est effectivement plus performant dans la résolution d’énigmes et de problèmes. Kuhn admet donc finalement pour éviter le relativisme que c’est la compétence des scientifiques qui est garante du progrès des sciences de révolution en révolution.

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