L’État en philosophie

La notion d’État – programme de philosophie

Bienvenue dans cet article, dans lequel nous allons parler de la notion d’État en philosophie.

Je vais d’abord faire un point sur la définition que l’on peut donner de l’État. Puis, je reviendrai sur les grands problèmes classiques qui se posent sur la notion d’État en mentionnant quelques auteurs intéressants à connaître sur cette notion.

Aujourd’hui on peut définir l’État comme l’ensemble des institutions politiques, juridiques, militaires, administratives et économiques qui organisent une société sur un territoire donné.

C’est une autorité souveraine qui s’exerce sur un peuple particulier. Cette autorité est dite souveraine car l’État exerce un pouvoir sur le peuple et n’est lui-même soumis à aucune autorité supérieure. Il n’y a rien au dessus de l’État. Même quand un État rejoint l’Union européenne par exemple, il peut décider ensuite de ne pas appliquer ces décisions ou même de quitter cette union. C’est ce qu’a choisi de faire l’État anglais avec le Brexit.

Enfin, l’État est un pouvoir dit institutionnalisé, cela signifie que le pouvoir de l’État est détaché de ceux qui exercent concrètement le pouvoir. L’État existe et existera même si le roi ou le Président change.

C’est donc un pouvoir permanent. c’est cette permanence du pouvoir de l’État qu’exprime la formule « le roi est mort, vive le roi ! »

Pour voir la vidéo

A présent voici quelques grandes questions philosophiques sur la notion d’État :

– Premier sujet : L’État restreint-il la liberté individuelle ?

L’État en tant qu’il exerce une autorité sur le peuple par l’intermédiaire de lois est-il une limite à la liberté individuelle ? Ou au contraire, est-il une condition de cette liberté individuelle ?

En d’autres termes, serions-nous davantage libres s’il n’y avait pas de loi ? A cette question, le philosophe libéral Locke, répond sans ambiguité :

 » Il est certain que la fin d’une loi n’est pas d’abolir ou de restreindre la liberté mais de la préserver et de l’augmenter. (…) Car la liberté consiste à n’être pas exposé à la contrainte et à la violence des autres ; ce qui ne peut se trouver là ou il n’y a pas de loi.

En effet, pour Locke, l’Etat est crée pour faire en sorte que la vie, la liberté et la propriété de chaque individu soit protégée. En l’absence d’Etat et de lois, chaque individu risquerait d’être soumis par un autre dès lors qu’il est plus fort que lui. Ce serait le règne de la loi du plus fort et dans cette condition s’il nous arrive d’être libre nous ne le restons pas longtemps.

Mais, si l’Etat apparait comme une condition de la liberté individuelle, ne peut-il pas aussi être un danger pour cette liberté ? Que dire d’un Etat qui aurait à sa tête un despote  gouvernant seul et exerçant un pouvoir absolu ?

Ne représenterait-il pas alors plutôt un danger pour la liberté individuelle ?

Sur cette question,  vous pouvez vous intéresser notamment à Montesquieu, qui est un philosophe français du 18e siècle. Il est notamment connu pour avoir écrit De l’esprit des lois, œuvre dans laquelle il réfléchit notamment aux raisons qui expliquent la corruption des régimes politiques c’est-à-dire par exemple comment une démocratie peut dégénérer en despotisme.

Pour Montesquieu, il n’est pas réaliste d’attendre que le souverain quel qu’il soit, soit toujours moral et toujours honnête. Les êtres humains sont ainsi fait que lorsqu’ils ont le pouvoir, il leur est difficile de rester intègre. Montesquieu développe ainsi cette idée, aujourd’hui bien connue, selon laquelle le pouvoir corrompt.

Il dit ainsi : « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser »

Alors, pour s’assurer que le souverain ne soit pas tenté d’abuser de son pouvoir, il faut mettre en place des règles qui vont limiter son pouvoir. C’est ce que Montesquieu appelle la séparation des pouvoirs. Principe qui est devenu un fondement de nos démocraties contemporaines. Selon ce principe, il est nécessaire afin que le régime ne dégénère pas en despotisme que les pouvoirs (exécutifs, législatifs et judiciaires) restent séparés, c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas être aux mains des mêmes personnes.

– Deuxième sujet : Peut-il y avoir une société sans État ?

Ou en d’autres termes, les êtres humains peuvent-ils vivre ensemble pacifiquement sans qu’un État exerce sur eux une autorité ?

Sur cette question Hobbes, philosophe anglais du 17e siècle répondra catégoriquement non. A ses yeux, en l’absence d’État, il n’y a pas de vie en société possible, mais seulement une « guerre de chacun contre chacun ».

Dans l’hypothétique état de nature, même si la majorité des hommes sont rationnels, il y a une minorité irrationnelle qui attaque les autres et va ce faisant conduire chaque individu à craindre pour sa vie et à attaquer les autres. La constitution d’un État qui assure la sécurité apparaît alors comme absolument nécessaire pour que les hommes puissent vivre ensemble et ce, même si une fois édifié, cet État peut représenter un danger pour l’individu s’il abuse de son pouvoir.

Mais cette idée que l’État serait finalement un mal nécessaire n’est-elle pas une idée défendue par la classe dominante afin de garder le contrôle sur le reste de la société ? L’anarchiste russe du 19e siècle Bakounine défend ainsi que l’État est toujours contrôlé par la classe dominante de la société qui s’en sert pour servir ses intérêts et exploiter les classes inférieures. A ses yeux, tant que l’État subsiste, ceux qui sont à sa tête abuseront du pouvoir.

Or, pour lui, l’idée qu’il doit toujours y avoir un État n’est pas vraie. Il doit y avoir un ordre et une organisation, à n’en pas douter, et c’est en ce sens que l’anarchie contrairement à ce que l’on pense souvent n’est pas le chaos. Mais, pour Bakounine, cet ordre doit être assuré à une échelle plus petite que l’État. Il propose ainsi d’organiser la société en fédération. Pour lui, chaque individu doit appartenir à une commune ou à une association et ces groupes doivent interagir entre eux et s’organiser au maximum de manière horizontal.

Troisième sujet : L’obéissance à l’État est-elle toujours une obligation ?

Ou en d’autres termes, faut-il toujours obéir à l’État et aux lois si celui ci édicte des lois injustes par exemple ? Ne peut-on pas et même ne doit on pas désobéir si la loi nous apparaît contraire au bien ?

A cela Spinoza répond qu’il faut toujours obéir à l’État car même si parfois certaines lois sont injustes, cela fait courir beaucoup trop de risques à la société et donc aux individus si chacun commence à juger du juste et de l’injuste par lui-même.

Pour justifier cette thèse Spinoza avance entre autres deux arguments :

– D’abord, l’État garantit la paix et la sécurité aux individus, ils doivent donc éviter de remettre en question les lois de l’État car c’est parce que les lois sont respectées par la majorité qu’ils sont en sécurité. Ils risquent de perdre cette sécurité en fragilisant l’État.

– Deuxième argument :  Pour Spinoza, les hommes doivent admettre qu’ils sont aussi des êtres de sentiment et qu’il y a donc très souvent des décisions qu’ils prennent poussés par des sentiments plutôt que par leur raison. Ils doivent donc s’abstenir de décider tout seul.

Spinoza dit ainsi :

« On ne saurait concevoir que chaque citoyen soit autorisé à interpréter les décisions ou lois nationales. Sinon, chacun s’érigerait ainsi en arbitre de sa propre conduite. » Spinoza, Traité politique

A cette thèse de Spinoza, on peut opposer celle de Thoreau, philosophe américain du 19e siècle qui dans « De la désobéissance civile » écrit :

« La seule obligation que j’ai le droit d’adopter c’est d’agir à tout moment selon ce qui me paraît juste » Thoreau, La désobéissance civile

Selon lui, il est légitime de commettre des actions illégales non violentes afin de protester contre une loi injuste. Il affirme la primauté de la conscience morale sur la loi de l’État c’est-à-dire que si la loi est injuste et si le citoyen juge en conscience qu’elle l’est alors il a le devoir d’y désobéir. Il est l’inventeur du concept de « désobéissance civile »: la désobéissance devient, selon lui, un devoir moral lorsque la loi est injuste ou immorale, car obéir serait une manière de cautionner cette loi. C’est ce qu’il fait notamment avec l’esclavage. Il accueille des esclaves en fuite chez lui et en aide quelques-uns alors que les autorités de son pays pourchassent les esclaves en fuite et demandent aux citoyens de les dénoncer.

Pour davantage de vidéos sur le programme vous pouvez consulter ma chaîne en cliquant ici.

Et pour apprendre à faire une dissertation ou une explication de texte, téléchargez mon ebook juste en dessous ou retrouvez des articles sur la méthode en cliquant ici.

erreurs en philosophie

3 erreurs à éviter en philosophie

Bonjour à toutes et tous, aujourd’hui, je vais vous parler des 3 erreurs qui empêchent beaucoup d’élèves de réussir en philosophie !

Je crois sincèrement que si vous apprenez à ne plus faire ces erreurs, vous pouvez déjà beaucoup vous améliorer et je vous réserve une surprise à la fin de cette vidéo.

1er erreur qui empêche beaucoup d’élèves de progresser :

– Croire qu’il n’existe pas de méthode claire qui convienne pour tous les sujets et soit acceptée par tous les correcteurs.

C’est un erreur importante car si vous pensez cela alors vous êtes constamment en train d’hésiter, de douter de votre méthode, vous ne l’appliquez pas complètement ou vous en changez régulièrement et finalement vous ne savez plus du tout ce qu’il faut faire ! Vous finissez complètement découragé en ayant le sentiment que vous ne pouvez pas progresser.

Il est donc très important d’avoir une méthode claire et de la suivre jusqu’au bout ! A la limite, peu importe la méthode, le plus important c’est d’en choisir une et de l’appliquer jusqu’au bout.

Évidemment, si elle est facile à appliquer c’est encore mieux !

Sur mon blog et dans ma formation, je vous enseigne une méthode pas à pas qui marche sur tous les sujets et que j’ai conçue spécifiquement pour qu’elle convienne à tous les correcteurs. Vous avez sans doute remarqué qu’il y a souvent des désaccords entre les enseignants et pourtant, quand on connait ces désaccords, on remarque qu’il y a aussi des points qui mettent tout le monde d’accord. C’est en partant de ces points que j’ai construit ma méthode.

2e erreur fréquente :

– croire que la philosophie ça n’est pas « pour moi » et  de toute façon c’est trop difficile.

En effet, beaucoup d’élèves commencent la philosophie avec un boulet au pied, parce qu’ils croient avant même d’avoir essayé que la philosophie c’est nécessairement très difficile et donc pas pour eux. Si  c’est votre cas, ne vous inquiétez pas, vous êtes nombreux à avoir cette idée car la philosophie a effectivement cette réputation !

Il y a de nombreuses raisons à cela et parmi ces raisons il y a sans doute que c’est une discipline que l’on enseigne qu’en terminale. Et ce statut fait un peu peur, si ça n’est que pour les terminales ça doit être parce que c’est dur !!

Mais, en réalité, si elle est enseignée correctement, la philosophie est très accessible !

Si vous apprenez votre cours et que vous suivez la méthode, vous allez y arriver !

Je ne compte plus les exemples d’élèves qui partaient avec ces préjugés et qui finalement ont bien réussi !

3e erreur :

– croire qu’il faut apprendre une énorme quantité de connaissances pour réussir en philosophie.

Cette erreur bloque beaucoup d’élèves car soit ils n’ont pas de cours clairs ou pas de cours du tout et ils partent donc du principe qu’ils ne peuvent pas réussir, soit ils ne voient pas clairement ce qui dans leur cours est important ou ne l’est pas et donc ils se sentent complètement submergés. Ils essaient de tout retenir mais souvent n’y parviennent pas et se sentent découragés !

De plus, s’ils y arrivent, ils seront souvent déçus par leur note car, attention, le plus important pour réussir en philosophie, ça n’est pas d’avoir appris tout votre cours, c’est la méthode ! Vous pouvez avoir beaucoup de connaissance, si vous analysez mal le sujet et ne faites pas de problématique, votre devoir sera hors sujet !

Ceci est plutôt une bonne nouvelle car apprendre à bien maîtriser une méthode va vous prendre beaucoup moins de temps que d’essayer d’apprendre toute l’histoire de la philosophie en un an.

Attention, pour autant je ne suis pas en train de vous dire qu’il ne faut pas avoir de connaissances et maîtriser des philosophes ! Il faut mais vous pouvez très bien réussir en apprenant seulement quelques auteurs et quelques thèses centrales par notion.

Pour ce qui est des connaissances, si vous n’avez pas de cours un bon abrégé peut faire l’affaire et/ou dans ma formation j’ai rédigé des fiches synthétiques sur chaque notion du programme dans lesquelles vous retrouverez les auteurs et thèses centrales à connaître !

Si vous voulez voir à quoi cela ressemble vous pouvez télécharger la fiche sur la notion de liberté ci-dessous.

Sur ce, je vous souhaite une excellente journée et restez à l’écoute dans les prochains jours, je vais vous proposer de dépasser vos blocages en formulant avec moi une problématique de dissertation en béton !

Exemples d'introduction philosophique

Exemples d’introduction de dissertation en philosophie

Afin que vous compreniez mieux comment réaliser une bonne introduction de dissertation, je vous montre ici plusieurs exemples d’introduction de dissertation en philosophie sur des sujets différents, vous pouvez voir la méthode en VIDEO ici. Pour davantage d’information sur la méthode à suivre vous pouvez regarder cet article sur la manière de réussir son accroche, et ces deux autres articles sur la problématique et la méthode de l’introduction de manière plus générale.

Je vous rappelle que votre introduction de dissertation en philosophie doit comporter une accroche, un rappel du sujet, une problématique comprenant une définition des termes du sujet et une annonce de plan.

Pour plus de clarté, je précise à chaque fois entre parenthèses à quel élément de la méthode les différents passages de l’introduction correspondent. Par ailleurs, vous trouverez dans le sujet 1, un exemple d’accroche utilisant un exemple, et dans les sujets 2 et 3, des exemples d’accroches utilisant plutôt des citations.

Sujet 1 : Introduction philosophique : Avons-nous le devoir de faire le bonheur des autres ?

Dans le film « Into the Wild », le héro Christopher, s’enfuit pour partir vivre seule dans la nature. Il essaie, ainsi, d’échapper à l’influence de ses parents qui veulent pourtant son bonheur. Christopher rejette le mode de vie de ses parents, et pense, au contraire, être heureux en se détachant des choses matériels et en s’éloignant de la société. Ce faisant, on peut en déduire qu’il est souvent difficile de savoir ce qui rendra heureux un individu. Or, si nous ne savons pas réellement ce qui les rendra heureux, comment pourrait-on avoir le devoir de faire le bonheur des autres ? Et pourtant n’avons nous pas l’obligation, de leur donner au moins le minimum pour être heureux ? (Accroche qui montre le problème c’est-à-dire que la réponse au sujet n’est pas évidente). Avons-nous alors le devoir de faire le bonheur des autres ? (Rappel du sujet). A première vue, nous pourrions penser que nous avons effectivement le devoir de faire le bonheur des autres, car ce serait une obligation morale d’agir de manière à aider les autres à atteindre un état de satisfaction durable et global. En effet, rendre les autres heureux semble être une bonne chose et quelque chose que l’on peut rationnellement souhaiter. (Première réponse au sujet) Mais, n’est-ce alors pas vouloir imposer aux autres une certaine manière d’être heureux ? En prétendant faire le bonheur des autres, ne risque-t-on pas, au contraire, de faire son malheur ? Dans ce sens, dire que nous avons l’obligation de rendre les autres heureux pourrait être difficile à défendre car comment avoir le devoir de rendre les autres heureux si nous ne pouvons savoir ce qui les rendra effectivement tel ? (Deuxième réponse qui montre que la réponse au sujet n’est pas évidente). Dans un premier temps, nous verrons

🚀🚀🚀 Pour plus de conseils de méthode et des fiches sur les grandes notions suivez-moi sur Instagram ici.

Sujet 2 : Prendre son temps, est-ce le perdre ?

« Nous n’avons pas reçu une vie brève, nous l’avons faite telle ». Sénèque dans De la Brièveté de la vie, remarque ainsi que les hommes qui se plaignent d’avoir une vie courte sont, en réalité, responsables de cela, car ce sont eux qui en perdant leur temps la rendent courte. Pourtant, si les hommes perdent leur temps selon lui, ça n’est pas parce qu’ils prendraient trop leur temps, mais parce qu’ils ne réfléchissent pas à la meilleur manière d’user de ce temps. Ils peuvent très bien s’agiter sans cesse et être fort occupés tout en perdant leur temps car ils ne l’utilisent à rien de significatif. (Accroche) Alors, prendre son temps, est-ce le perdre ? (Rappel du sujet) A première vue, si par prendre son temps, on entend faire les choses avec lenteur, alors prendre son temps, cela pourrait signifier le perdre car c’est oublier alors que nous sommes des êtres mortels et que notre temps est limité. Le temps est une chose trop précieuse pour que l’on n’y fasse pas attention. Celui qui est lent perd alors son temps. (Première réponse un peu naïve qui repose sur une première définition de prendre son temps – première partie de la problématique) Mais, ne pourrait-on, au contraire, défendre l’idée que prendre son temps c’est au contraire bien en user ? Est-ce nécessairement parce que l’on agit vite et que l’on fait beaucoup de choses dans sa journée que l’on utilise bien son temps ? Nous pourrions, au contraire, remarquer que si nous occupons nos journées à des actions sans réel but alors nous perdons tout autant notre temps. Prendre son temps cela pourrait donc être, prendre possession de son temps en sachant précisément à quoi on l’utilise et pourquoi. (Deuxième réponse qui repose sur une deuxième signification possible de « prendre son temps » et montre que la réponse au sujet n’est pas évidentedeuxième partie de la problématique). Dans un premier temps, nous verrons que prendre son temps cela peut signifier le perdre, si nous sommes inconscients du caractère précieux du temps. Puis nous nous demanderons dans quelle mesure néanmoins prendre son temps et l’utiliser de manière réfléchie, ça n’est pas, au contraire, bien user de son temps. Enfin, nous envisagerons que quelque soit notre façon de vivre, il est inéluctable de perdre son temps dans la mesure où le temps est quelque chose qui nous échappe fondamentalement. (Annonce du plan)

Sujet 3 : Faut-il craindre la mort ?

« Il faut donc être sot pour dire avoir peur de la mort, non pas parce qu’elle serait un événement pénible, mais parce qu’on tremble en l’attendant. » Selon Epicure dans la Lettre à Ménécée, il n’est pas raisonnable de craindre la mort, car il définit la mort comme « absence de sensation ». De ce fait, la mort ne nous fait pas souffrir puisqu’elle est absence de sensation, en revanche si nous craignons la mort de notre vivant, alors nous souffrons par avance inutilement. Nous pourrions pourtant remarquer que si la mort ne fait pas souffrir, le fait de mourir peut être douloureux. (Accroche qui montre que le sujet pose un problème) Faut-il alors craindre la mort ? (Rappel du sujet) A première vue, craindre la mort pourrait être utile pour nous car la crainte de la mort peut nous pousser à être plus prudent. Il faudrait alors craindre un minimum la mort pour espérer rester en vie. (Première réponse un peu naïve au sujet). Mais, ne pourrait-on dire, au contraire, qu’il ne faut pas craindre la mort ? En effet, il semble que cela n’a pas réellement de sens et d’utilité de craindre quelque chose qui arrivera de toute façon et de se gâcher la vie à l’anticiper. (Deuxième réponse qui montre que la réponse n’est pas évidente et pose donc un problème) Nous allons donc nous demander s’il faut craindre la mort. Dans un premier temps nous verrons qu’il ne faut pas craindre la mort car elle n’est pas un malheur. Puis, nous verrons qu’il y a néanmoins des avantages à craindre la mort. Enfin, nous nous demanderons si craindre la mort n’est pas un non sens car cela nous empêche de bien vivre. (Annonce du plan)

J’espère que ces différents exemples d’introduction de dissertation en philosophie, vous auront aidé à comprendre ce que doit être une introduction de dissertation en philosophie.

▶️ Si vous voulez aller plus loin vous pouvez également regarder cet exemple d’introduction de dissertation en vidéo :

sujets ouverts

Comment traiter les sujets ouverts ? (méthode de la dissertation)

Dans cet article, je vais vous expliquer comment problématiser et traiter les sujets ouverts. Mais d’abord : qu’est-ce qu’un sujet ouvert ? Un sujet ouvert c’est tout simplement un sujet auquel vous ne pouvez pas répondre par oui ou par non. Typiquement tous les sujets en « Pourquoi » et les sujets en « Qu’est-ce que » sont des sujets ouverts, vous ne pouvez pas y répondre par oui ou pas non.

Alors comment faire ? Je vais d’abord prendre les sujets en « Pourquoi » qui ont une petite particularité, puis nous verrons les sujets en « Qu’est-ce que ». Je prends un exemple avec le sujet : « Pourquoi travaillons-nous ? ».

Les deux sens des sujets en « Pourquoi »

Première chose : « Pourquoi » peut avoir deux sens possibles qu’il faut envisager car cela vous donne des idées de réponses. Cela peut signifier d’abord : « pour quelle cause, pour quelle raison ? ». Cela donnerait donc pour quelle raison travaillons nous ?

Mais le pourquoi peut également signifier : « dans quel but ». C’est alors comme si vous disiez Pour quoi, dans quel objectif ? Et là aussi cela peut avoir un sens intéressant : Dans quel but travaillons nous ?

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Epicure, dans La lettre à Ménécée, entend montrer que le bonheur dépend de nous et que l'on peut l'atteindre grâce à la philosophie.

Epicure : Le bonheur dépend-il de nous ?

Si l’on se réfère à l’étymologie, le bonheur semble d’abord lié à la chance. En effet, bonheur, vient de « heur » en ancien français qui signifie la chance ou la fortune. Le terme français « heur » vient lui-même du latin augurium qui signifie « augure », « présage ». Alors avoir le bon heur c’est avoir une bonne chance, être favorisé par les circonstances. En ce sens, le bonheur, que l’on peut d’abord définir comme un état durable de satisfaction, semble d’abord dépendre du hasard plutôt que de nous-mêmes et des actions que nous pourrions entreprendre pour y arriver. Cependant, Epicure, dans La lettre à Ménécée, s’oppose à cette thèse et entend montrer que le bonheur dépend de nous et que l’on peut l’atteindre grâce à la philosophie.

Le bonheur c’est le plaisir

Epicure, dans la Lettre à Ménécée, donne plusieurs recommandations pour atteindre le bonheur. A ses yeux, le bonheur c’est le plaisir, mais il faut ici faire attention aux contresens, car par plaisir Epicure entend la suppression de la douleur. Je vous rappelle qu’en philosophie préciser en quel sens on prend tel ou tel mot est très important (voir cet article) . Il ne s’agit donc pas de dire qu’il faut multiplier les plaisirs et que cela rendra heureux comme peut le faire un hédoniste. Au contraire, pour Epicure, on est heureux quand on ne souffre pas ! Il le dit en ces termes : « La santé du corps, la tranquillité de l’âme sont la perfection de la vie heureuse ». La question est donc de déterminer comment ne pas souffrir ni dans son corps ni dans son âme.

Epicure propose de limiter ses désirs pour être heureux

Pour Epicure, le désir peut être considéré comme un manque de quelque chose que l’on a pas encore, mais que l’on souhaite obtenir. Alors, le désir apparaît d’abord comme un manque, une douleur. Si l’on désire quelque chose de difficile à obtenir cela sera plus douloureux encore car nous ne sommes pas sûrs de l’atteindre ou cela va prendre du temps. C’est pourquoi, pour Epicure, le bonheur c’est l’absence de troubles dans l’âme. Si nous sommes perpétuellement inquiets car nous voulons absolument des biens de luxe et n’y arrivons pas alors nous ne sommes pas heureux. Atteindre le bonheur c’est donc d’abord limiter ses désirs pour ne garder que les désirs les plus simples à satisfaire. Il dit ainsi dans la Lettre à Ménécée : « C’est un grand bien à notre avis que de se suffire à soi-même, non qu’il faille toujours vivre de peu, mais afin que si l’abondance nous manque, nous sachions nous contenter du peu que nous aurons ».

Le bonheur c’est aussi l’absence de souffrance dans le corps

Par ailleurs, Epicure considère que pour être heureux, nous devons également atteindre l’absence de souffrance dans le corps (aponie en grec). Cela n’est possible que si nous menons une vie réglée sans faire trop d’excès. C’est donc faire un contresens sur Epicure que de penser qu’il invite à multiplier les plaisirs et désirs de toutes sortes et à vivre dans la débauche. Les plaisirs excessifs et l’intempérance conduisent à des douleurs et à des maladies. Ainsi, il dit : « Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs des voluptueux inquiets, ni de ceux qui consistent dans les jouissances déréglées, ainsi que l’écrivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens. Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, à ne pas souffrir et, pour l’âme, à être sans trouble. »  

La classification des désirs d’Epicure

Epicure fût un ascète, il mène une vie austère en se contentant de peu. Il défend que le bonheur peut s’atteindre ainsi car celui qui ne souffre pas de ses excès et n’a pas l’âme troublée par des désirs futiles vit paisiblement. Cela suppose de distinguer entre les bons désirs qui vont pouvoir être satisfaits aisément et répondent à un besoin naturel et les mauvais désirs qui vont nous rendre malades et sont difficiles à satisfaire. Epicure considère alors qu’il nous faut renoncer à tous les désirs non naturels et non nécessaires comme par exemple manger des mets luxueux, pour préférer les désirs naturels et nécessaires, par exemple, manger simplement, boire, avoir un toit, philosopher…

Vous pouvez également écouter le podcast ici.