L’homme prodige et chaos selon Blaise Pascal

Dans cette pensée, Blaise Pascal met en avant le caractère contradictoire ou bizarre de l'homme. Il le qualifie de chimère c'est-à-dire d'animal bizarre composé de parties disparates.

Dans cette pensée, Blaise Pascal met en avant le caractère contradictoire ou bizarre de l’homme. Il le qualifie de chimère c’est-à-dire d’animal bizarre composé de parties disparates. Dans la mythologie, la chimère est un animal fabuleux ayant la tête et le poitrail d’un lion, le ventre d’une chèvre et la queue d’un serpent. Il veut ici insister sur le caractère composite de l’homme qui en fait un monstre au sens mythologique. Pourquoi l’homme est-il une chimère selon lui ?

Selon Blaise Pascal, les hommes sont des êtres étranges car, à la fois, ils prétendent juger de tout et leur esprit puissant leur permet d’espérer comprendre l’univers, mais dans le même temps ce sont des êtres misérables. Ils sont misérables car, d’une part, ils sont très petits et très faibles physiquement, mais également car, d’autre part, ils ne sont pas omniscients et peuvent se tromper lourdement dans leurs jugements. Il y a donc une contradiction entre leur soif de découvrir la vérité et les limites de leur esprit.

Texte extrait de De L’esprit de géométrie.

« Cette véritable méthode, qui formerait les démonstrations dans la plus haute excellence, s’il était possible d’y arriver, consisterait en deux choses principales l’une, de n’employer aucun terme dont on n’eût auparavant expliqué nettement le sens; l’autre, de n’avancer jamais aucune proposition qu’on ne démontrât par des vérités déjà connues; c’est-à-dire, en un mot, à définir tous les termes et à prouver toutes les propositions. […]

Certainement cette méthode serait belle, mais elle est absolument impossible: car il est évident que les premiers termes qu’on voudrait définir, en supposeraient de précédents pour servir à leur explication, et que de même les premières propositions qu’on voudrait prouver en supposeraient d’autres qui les précédassent; et ainsi il est clair qu’on n’arriverait jamais aux premières. Aussi, en poussant les recherches de plus en plus, on arrive nécessairement à des mots primitifs qu’on ne peut plus définir, et à des principes si clairs qu’on n’en trouve plus qui le soient davantage pour servir à leur preuve. D’où il paraît que les hommes sont dans une impuissance naturelle et immuable de traiter quelque science que ce soit, dans un ordre absolument accompli. »

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu  Le divertissement selon Blaise Pascal

Pascal, De l’esprit géométrique (1658).

Texte de Blaise Pascal :

[Fragment 113-348] […] Par l’espace l’univers me comprend et m’engloutit comme un point : par la pensée je le comprends.

[Fragment 114-397] La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable ; un arbre ne se connaît pas misérable. C’est donc être misérable que de (se) connaître misérable, mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable.

[Fragment 200-347] L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser ; une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser, voilà le principe de la morale.

Pascal, Pensées et opuscules.

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