Le devoir – Programme de philosophie – Terminale

En philosophie, on peut définir le devoir comme une obligation à l’égard de ce qu’il faut faire ou ne pas faire.

Le devoir en ce sens dépend soit de la morale qui détermine ce qui est Bien, soit du droit (l’ensemble des lois) qui détermine ce qui est légal. Par Exemple : on peut avoir le devoir de ne pas mentir (morale) ou le devoir de respecter la loi. (droit).

Le devoir se distingue de la nécessité, qui elle, ne laisse aucune alternative. Si vous êtes sur terre et que vous lancez un objet en l’air, il va nécessairement retomber du fait de la gravité. En revanche, Si vous avez le devoir ou l’obligation morale de ne pas mentir, vous pouvez très bien choisir de ne pas suivre votre devoir. comme vous pouvez choisir de ne pas toujours respecter la loi.

Il semble que j’ai donc le choix d’accomplir mon devoir ou non. C’est un point à retenir pour la suite.

Enfin, le devoir peut avoir deux origines :

  • On peut se donner à soi-même son devoir (donc être autonome et libre)
  • Le devoir peut nous être imposé implicitement ou explicitement par le groupe auquel nous appartenons. Il viendrait donc de l’extérieur.

Je vais m’intéresser particulièrement ici au devoir moral.

On peut définir La morale comme l’ensemble des règles et des normes de comportement considérées comme bonnes ou mauvaises (bien/mal), justes ou injustes dans un groupe humain.

Bien, à présent, quels sont les grands problèmes philosophiques qui peuvent être posés sur la question du devoir en philosophie ? Je vais vous en donner quelques uns parmi les plus importants avec quelques réponses classiques.

– Premier sujet très classique : Quelle est l’origine de notre sens du devoir ?

En morale c’est une question très débattue : qu’est-ce qui nous pousse à agir bien ? Est-ce notre sensibilité ? Est-ce notre raison ? Et d’où viennent nos idées sur ce qui est bien et ce qui est mal ? Viennent-elles de notre groupe social ? Ou bien est-ce que l’on juge de ce qui est bien ou mal en fonction de nos ressentis ?

Sur cette question Kant répondra que nous déterminons ce qui est bien et ce qui est mal en usant de notre raison. C’est en réfléchissant que nous allons déterminer ce qui est bien.  Il ne s’agit alors pas vous le remarquez de suivre ce que les autres disent, c’est nous qui nous donnons notre devoir, c’est une morale de l’autonomie.

A cette thèse de Kant on peut opposer la thèse de Rousseau qui défendra au contraire que notre conscience du bien et du mal repose sur un sentiment naturel. Pour lui c’est la répugnance à voir souffrir autrui que l’être humain a naturellement qui est à l’origine de nos idées du bien et du mal et pas l’apprentissage ou la raison.

– Deuxième sujet : Les devoirs de l’homme varient-ils selon les cultures ? Ou en d’autres termes peut-on dire du devoir moral qu’il est relatif et donc dépendant des cultures, des groupes sociaux, des points de vues ? Ou bien faut-il défendre qu’il pourrait y avoir des principes moraux universels, sur lesquels tous les humains pourraient s’accorder ?

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu  Le mensonge peut-il être moral ?

Sur ce problème, on pourrait opposer la thèse de Nietzsche à la thèse de Kant.

Nietzsche dans la Généalogie de la morale montre ainsi que les devoirs moraux ont une histoire, qu’ils apparaissent et disparaissent. Qu’ils dépendent des cultures, des époques et sont le résultat d’un dressage social. Chaque société inculquant à ses membres ce qui doit être fait et ne doit pas être fait.

A l’inverse Kant, défend que les devoirs moraux peuvent être universellement partagés car ils reposent sur la raison qui est une faculté commune à tous les hommes. Tous les êtres humains usant de leur raison, ne pourrait il pas par exemple tomber d’accord sur l’idée que l’on a le devoir de respecter tous être humain et de ne pas l’utiliser au service de nos propres intérêts ?

  Troisième sujet : le devoir s’oppose-t-il à la liberté ?

Sur cette question, il est important de se demander qui décide du devoir. Est-ce la société qui décide de ce qui constitue un devoir ou bien est-ce moi avec ma raison qui me donne à moi-même mon devoir ?

Et même si le devoir m’est dicté par un groupe ou ma famille, est-ce que je n’ai pas toujours le choix de faire mon devoir ou non ? Rappelez vous on peut distinguer le devoir de la nécessité car faire son devoir est un choix.

Ici encore, vous pouvez penser à Kant qui défend une morale de l’autonomie c’est-à-dire que c’est nous qui déterminons notre devoir à l’aide de notre raison et choisissons de le suivre ou non.

Bien évidemment cette conception du devoir peut être discutée car bien souvent ce que nous allons considérer comme notre devoir, nos principes moraux, nous ont été inculqués dès l’enfance par notre cellule familiale. Ce ne sont donc pas des principes réfléchis et choisis mais plutôt le résultat d’une intériorisation précoce de ce que nos proches considèrent comme bien ou mal. Cette thèse est notamment défendue par Freud le fondateur de la psychanalyse.

Quatrième sujet : Y a-t-il un devoir d’être heureux ?

Cette question apparaît d’abord comme étonnante car on pourrait  penser que le bonheur et le devoir s’opposent. En effet, si l’on se fie à la thèse de Kant, faire son devoir c’est agir de manière désintéressée donc ne pas chercher son propre bonheur. Agir par devoir c’est agir avec l’intention de faire ce qui est bien que cela soit dans mon intérêt ou non. Ainsi, si vous trouvez un portefeuille dans la rue, il est de votre devoir de la ramener à son propriétaire même si cela peut vous sembler contraire à votre intérêt s’il est bien garni par exemple.

De plus le devoir est plutôt ce qui règle nos rapports avec les autres, pas avec nous-mêmes. Il n’y aurait donc pas de devoir d’être heureux.

A cela un philosophe comme Alain opposera qu’il peut être de notre devoir d’être heureux dans la mesure où notre bonheur influe sur le bonheur des autres.

« Le malheur, l’ennui et le désespoir sont dans l’air que nous respirons tous » dit Alain.

Il insiste par exemple sur combien il peut être difficile de vivre heureux au côté de quelqu’un de constamment malheureux. Alors, il pourrait être de notre devoir d’être heureux car ce serait aussi faire du bien aux autres.

Voilà pour cette notion du devoir en philosophie ! Pour retrouver les autres notions et continuer vos révisions, vous pouvez consulter cette page ou la chaîne Youtube

Très bonne journée à vous

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